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12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 18:11

Nous le savons de longue date, la société édicte des codes, des règles de bonne conduite, un savoir-être qui s’imposent ou doivent s’imposer à tous. Si ce tropisme est légèrement moins prégnant depuis quelques décennies, il faudra encore du temps, et certainement beaucoup de temps pour que chacune et chacun puisse être ce qu’il est au fond de lui, au plus profond de son être, sans craindre d’être stupidement jugé au nom d’une pseudo morale compassée. Songez qu’en France, par exemple, il a fallu attendre le 4 août 1982 pour que l’homosexualité cesse d’être un délit et permette ainsi aux personnes homosexuelles de s’émanciper. Bien entendu certaines discriminations ont la vie dure portées par des idéologies fumeuses se répandant toujours dans la société par la voix de courants de pensée obscurantistes. Suivez mon regard…

Ainsi en est-il également du genre, le sexe dont la nature nous a dotés, probablement selon quelque algorithme qui nous échappe et qui devrait s’imposer à nous comme une fatalité. Or, nous en avons pris conscience, le corps et l’esprit ne s’accordent pas toujours, prouvant en cela que la nature elle-même, toute puissante soit-elle, peut également commettre des erreurs.

 

Dans son roman intitulé « Frédéric, instants de grâce » Dominique Faure bat en brèche l’archaïsme de nos schémas  islamo-judéo-chrétiens, par l’entremise de la rencontre fortuite entre deux hommes devant être interviewés dans les studios de Radio 13 - Culture. Ecoutez plutôt :

« Je passe dans quinze minutes, juste après le compositeur de la musique du dernier film de Daniel Brant, seul membre de l’équipe à être arrivé à temps pour en faire la promotion. Je m’enquiers :

  • Le compositeur… vous parlez de Frédéric Melcour ?
  • C’est ça. Vous le connaissez ?
  • Non, mais je l’ai vu en concert et je serais heureux de le rencontrer.
  • Ça tombe bien. Il est juste derrière vous.

Je me retourne aussitôt. Il est tout près de moi en effet, un demi-sourire intrigué aux lèvres. Il me semble plus frêle que lorsque je l’avais vu, du fond de la salle, à demi dissimulé par le piano et les quatre autres musiciens du quintette. Sa main, que je serre dans la mienne, est fine et fraîche. Nous nous sourions. »

A partir de cette rencontre, un fil invisible et ténu va se tisser entre les deux hommes, un fil qui va devenir toile où ils se retrouvent tels deux araignées d’abord curieuses et un tantinet craintives face à cette situation inédite. Ce qui semblait presque incongru va s’imposer comme une évidence : ces deux-là nourrissent l’un pour l’autre une véritable passion, dévorante. Ils vont devoir se découvrir, physiquement et moralement, apprendre à accepter qui ils sont et non ce qu’on attend qu’ils soient n’hésitant pas pour cela à faire remonter à la surface des souvenirs dont certains s’avèrent particulièrement douloureux. Ainsi, Frédéric avouera-t-il à François (qui n’est autre que le double masculin de l’auteur) avoir été sauvagement violé à l’âge de 16 ans par trois autres lycéens plus âgés que lui. Cette terrible tragédie a laissé une terrible cicatrice chez le jeune Frédéric qui, depuis lors, a eu toutes les peines à accepter l’homme qu’il est  devenu.

Il y a des livres qui vous bousculent, mettent à mal votre conception du monde. Le roman de Dominique Faure est de ceux-là. La preuve, il m’aura fallu presqu’un an pour réussir à mettre des mots sur le flot des sentiments, souvent contradictoires, qu’il a suscités en moi, sur la pudibonderie insidieuse qui, à mon insu, coulait dans mes veines ? Mais n’est-ce pas là le propre des ouvrages majeurs ? D’autres que moi ne s’y sont pas trompés puisque Dominique Faure vient de remporter le prix du roman Gay 2022 dans la catégorie Romance.

Si Dominique Faure n’hésite pas à appeler un chat un chat, elle ne tombe pourtant jamais dans la vulgarité primaire en décrivant les scènes intimes entre les deux protagonistes. Et, croyez-moi, l’exercice requiert une grande qualité d’écriture que cette docteure ès lettre possède à la perfection.

Alors, si vous aussi, vous êtes prêts à mettre de côté tous vos a priori, je vous conseille de vous laisser emporter par la fine plume de l’auteur qui, avec grand talent et non moins de cœur, fera tomber certaines barrières invisibles encombrant parfois nos esprits. Chapeau bas Madame !    

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12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 10:03

Bonjour,

pour les amoureux de littérature, sachez que j'aurais le plaisir de chroniquer ce jour, à 18 heures, sur les ondes d'IDFM radio Enghien, le roman de Dominique Faure "Frédéric, Instants de grâce" qui vient d'être récompensé par le prix du roman Gay 2022. Pour les afficionados franciliens des ondes hertzienne c'est sur la fréquence 98.00 que cela se passe et, pour le reste de l'univers, il faudra en passer par là : IDFM

A tout à l'heure j'espère !

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 07:11

J’ai attendu l’adieu aux armes

Comme on attend la fin du monde

L’âme en charpie, le cœur en larmes

Submergé par des vagues immondes

 

Certaines sagas se terminent mal

Ou pas ainsi qu’on l’espérait 

Une atteinte à l’orgueil du mâle 

Et à l’image qu’on s’en faisait 

 

À bien considérer les choses

Il faut mieux refermer ce livre

Où tout devient tellement morose

 

Qu’il est bien temps qu’on me délivre.

Plus qu’un chapitre c’est une histoire

Que j’enferme dans une boîte noire.

 

 

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7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 06:55

Comme autant de caresses au parfum rouge-sang 

La griffure de bassesses aux relents indécents 

Les vapeurs de l’absinthe épuisant l’horizon 

s’évanouissent en volutes effaçant la raison.

 

Et partout sur nos âmes en un flux incessant 

Une sombre acrimonie émergeant des enfers

Accuse d’un doigt vengeur le passé putrescent 

Que nous avons chéri pour servir nos affaires.

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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 18:42

J’ai observé ma vie dans le rétroviseur 

Et n’ai pu distinguer qu’une image sombre et floue

Comme un instantané à travers le viseur

Un film inachevé pris entre chien et loup.

 

En cet instant précis mon visage s’est figé 

Face à cette évidence que j’avais évitée

Les bonheurs et les joies que j’avais négligées 

Ineffaçables preuves d’une immense vacuité.

 

Maintenant face à moi le chemin s’effiloche 

Pour devenir un fil condamné à se rompre 

Litanie de regrets bientôt sur la péloche 

 

Que mes vaines suppliques ne pourront pas corrompre.

Le temps dans la clepsydre n’a cessé de couler

Emportant avec lui mes espoirs écroulés.

 

 

 

 

 

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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 17:22

J’ai brisé les silences protégeant les non-dits 

Ravivé la mémoire des souvenirs enfouis

Aux tréfonds de mon âme trop longtemps engourdie 

Et la honte que pourtant je croyais évanouie.

 

J’ai trouvé le courage quand la chair de ma chair

Affichât ce visage totalement interdit

Ce visage que l’on cache à ceux qui nous sont chers

Comme on voudrait cacher une honteuse maladie.

 

Ce jour-là je l’ai pris dans mes bras refroidis 

Par l’horreur qui venait brutalement d’exploser 

Repensant à cet homme qu’on dit saint mais maudit 

 

Confessant nos enfants pour mieux les abuser.

Car le diable parfois se déguise en soutane 

Pour tromper la candeur de ces âmes profanes.

 

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3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 12:03

Dans les bouches noires le goût amer

De nos semblables qu’on assassine 

Lorsque s’imposent les lois primaires 

Nous ramenant vers nos racines

 

La honte soudaine qui nous submerge 

Quand nous brisons l’humanité 

Lorsque notre conscience émerge 

Face à nos propres insanités.

 

Dans le cœur froid des nuits d’ébène 

Où le vent sale nous étourdit 

Le parfum âcre de nos peines

Sur nos sentiments engourdis.

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 19:22

J’ai entendu le bruit du silence absolu

Assourdir le vacarme rugissant sur le monde

Et les voix sépulcrales à l’enfer dévolues 

S’étouffer brusquement sur leurs accents immondes.

 

Dans les livres sacrés les paroles des oracles

Ont pourtant mis en garde les humains entêtés 

Ils seraient balayés par un vent de débâcle 

Où l’hiver à jamais chasserait les étés.

 

Mais ceux-ci n’eurent de cesse de souffler sur les flammes 

Attisant les foyers qu’ils disaient salvateurs

Rejetant à demain l’idée même d’un blâme 

 

Que pourtant brandissait leur bon dieu créateur.

Aujourd’hui le silence dans le froid sarcophage 

Régnera sans partage jusqu’à la fin des âges.

 

 

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27 octobre 2021 3 27 /10 /octobre /2021 07:00

J’ai parcouru le monde dans le cœur du cyclone 

À l’abri des tempêtes effeuillant les humains 

Eloigné de ces murs où s’écroulent les pylônes 

Écrasant tant de rêves sur le bord des chemins.

 

Là j’ai vu par milliards des aveugles acharnés

Fonçant tels des béliers sur des murs chimériques 

Sourds à tous les messages de leur Dieu consterné

Pour s’offrir en pâture aux desseins sataniques.

 

Les leçons de l’histoire auront donc été vaines 

L’homme imbu terrassé par sa lâche ignorance 

Emportant dans sa chute le sang pur de ses veines

Pour noyer à jamais les dernières espérances.

 

 

 

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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 16:14

« Il était deux fois »

Franck Thilliez

Franck Thilliez est, depuis deux décennies, l’un des auteurs français les plus lus et un maître incontesté du thriller. Je dois cependant vous avouer, un peu honteux, que je n’avais jamais lu le moindre de ses ouvrages. Si je bénéficiais d’un soupçon d’estime auprès de vous, chers auditeurs, il est à craindre que celui-ci se soit évaporé à l’instant. Mais rassurez-vous, je vais tenter de me rattraper en vous livrant mon retour de lecture du roman « Il était deux fois » publié en 2020.

L’action débute en avril 2008 dans un hôtel de la petite ville de Sagas, cité imaginaire que l’auteur a placée dans la vallée de l’Arve, dans un paysage typique de ceux qu’on pourrait rencontrer du côté de Cluses ou de Sallanches. Ecoutez plutôt :

« On approchait les 23h30 quand le lieutenant Gabriel Moscato se présenta à l’accueil, l’un de ces lieux désuets où une moquette rêche, couleur châtaigne, tapissait les murs. Une collection de santons alignés sur des étagères lui donnait des airs de vieille auberge peu recommandable. Le gendarme connaissait le propriétaire du deux étoiles : Romuald Tanchon avait proposé un job d’été à sa fille pendant deux années consécutives et l’avait prise en stage. »

On peut immédiatement s’interroger : Pourquoi le gendarme se présente-t-il à une heure pareille à l’accueil de l’hôtel ? Tout simplement parce qu’il est à la recherche de sa fille Julie, âgée de 17 ans, qui a disparue un mois plus tôt alors qu’elle était partie pour une randonnée à vélo. Tout juste a-t-on retrouvé son VTT posé contre arbre. Depuis lors, rien de rien. Pas une trace, pas une piste, par le moindre mobile apparent qui pourrait aiguiller les recherches du lieutenant Moscato et, plus largement, celles de l’ensemble de la brigade de gendarmerie de Sagas qui s’est mobilisée pour tenter de la retrouver.

Ce soir-là, si Gabriel Moscato se présente à l’accueil de l’hôtel de la Falaise, c’est pour consulter le registre des clients de passage et plus particulièrement ceux qui y auraient séjourné les quelques jours autour de celui de la disparition de sa fille. Un vrai travail de fourmi pour tenter de débusquer un indice. Le patron de l’hôtel, compréhensif, consent à laisser le lieutenant compulser le registre et va même jusqu’à lui proposer de s’installer dans la chambre 29 au deuxième étage. Il suffira que le gendarme repose la clé sur le tableau lorsqu’il aura terminé. Sitôt installé dans la chambre, Gabriel Moscato s’attèle à la tâche, repensant sans répit à sa fille unique disparue comme s’il s’agissait d’un polar noir, sauf que là, c’est bien elle et lui qui sont au cœur de l’intrigue. En dépit de sa rage pour tenter de résoudre l’enquête, le lieutenant Moscato ne trouve rien de véritablement concluant si bien qu’au bout d’un long moment, ivre de fatigue après tant de nuis sans sommeil, il finit par s’endormir tout habillé sur le lit.

Quelques heures plus tard, il est réveillé par un bruit sourd, quelque chose vient de percuter la vitre de la chambre. Sans vraiment comprendre ce qui se passe, il sort de sa chambre et, au lieu de se retrouve sur le balcon de sa chambre, il parvient directement sur le parking de l’hôtel en compagnie d’autres clients qui, comme lui, ont été réveillés en sursaut. Le spectacle dépasse l’entendement, presque apocalyptique. Là, au beau milieu de la nuit c’est un fracas infernal d’oiseaux qui, tels des obus, semblent tomber du ciel par centaines, qui pour se fracasser sur le bitume du parking, qui sur les voitures qui y sont stationnées ou bien contre les murs de l’hôtel. Il pleut littéralement des oiseaux qui meurent dans un ballet cataclysmique. Puis soudain, plus rien. L’orage singulier cesse aussi brusquement qu’il avait commencé. Gabriel Moscato, harassé, retourne se coucher. Le lendemain matin lorsqu’il se réveille à plus de 11 heures, la gueule de bois et encore tout engourdi de sommeil, non seulement il ne retrouve pas ses affaires mais il réalise qu’il n’est plus dans la chambre où il s’était endormi. Quelques minutes plus tard, après être passé par l’accueil, Gabriel Moscato est à nouveau dans la chambre 29 et non dans la 7 où il s’est réveillé. Mais soudain, lorsque son regard croise un le miroir de la salle d’eau il constate avec effroi qu’il est face à une image de lui certes, mais un lui beaucoup plus vieux, pratiquement méconnaissable. Et pour cause, il ne le sait pas encore, mais nous sommes en 2020 et 12 ans se sont écoulés.

Qu’a-t-il bien pu se passer ? C’est à n’y rien comprendre, d’autant plus que Julie n’a toujours pas été retrouvée.

Désormais parachuté en 2020, Gabriel Moscato, va devoir remonter le passé, tenter de trouver des explications à tout cela et, surtout, reprendre sa quête pour tenter de résoudre l’énigme de la disparition de sa fille. L’homme, désespéré et obnubilé, va mette en œuvre toute l’énergie qui lui reste pour essayer de comprendre ce qui lui arrive et, évidemment, reprendre sa quête pour retrouver sa fille ainsi qu’il se l’est juré.

Dans ce roman diabolique Franck Thilliez nous emporte dans une enquête qui va nous plonger aux tréfonds de l’âme humaine, dans ce qu’elle a de plus sombre, de plus torturé, de plus inavouable. Avec un sens du suspense jamais démenti, l’auteur nous tient en haleine jusqu’à une issue qui n’a rien de convenu mais qui, somme toute, est à l’image de l’atmosphère étouffante de des quelques 500 pages de l’ouvrage.

« Il était deux fois », un roman à dévorer sans modération.  

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