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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:00

Lorsqu’un être exceptionnel, solaire, disparait trop tôt, trop jeune, un sentiment d’injustice s’empare de nous. Ainsi, Fabrice Barthélémy est-il parti dans un éclair, laissant inconsolables tous les lycéens qui ont eu la chance de l’avoir comme enseignant ainsi que leurs parents. Ci-dessous le message de ma fille aînée à ce cher disparu.

 

« Cher Monsieur Barthélémy,

 

Combien il est difficile de trouver un point de départ à ces mots. Comment qualifier l’inqualifiable personne que vous fûtes. C’est difficile d’expliquer tout cela. Monsieur Barthélémy c’est un langage. Seuls les initiés peuvent réellement comprendre. Comprendre quel genre de prof hors norme vous avez été.

 

Le genre de professeur avec un humour explosif, une culture générale à toute épreuve et un sens de la répartie à faire pâlir Socrate. Celui qui vous fait rire à gorge déployée à chaque cours. Celui qui savait rire de tout avec tout le monde, et c’est peu dire. Qui peut dire qu’il n’a jamais fait l’objet de votre sens de la dérision légendaire ? Qui n’a jamais craint votre sourire en coin, qui voulait déjà tout dire ?

 

Moi, j’ai eu le droit à un inventaire quotidien de mes chaussures qui m’ont valu des surnoms en tout genre avec mes « cargos qui me servent de pieds», à des « Van Hamme c’est comment la Belgique ? Y a l’eau là-bas ? » Ou encore « Van Hamme, t’es… T’es trop Van Hamme ».

 

Et bien évidemment, nous n’étions pas les seuls à bénéficier de ce one-man-show quotidien.
Je me souviendrai toujours des lundis soir en dernière heure, lorsque nous étions en cours d’anglais avec ce cher Mister Jean-Charles (« oui oui, il est un peu antillais, mais il est sympa vous verrez. ») et que l’on redoutait à chaque instant votre entrée triomphale au son de Eyes Of The Tiger, vous targuant de remporter ce soir encore, une victoire écrasante au tennis. Des cours de quatre heures où le temps passait à une vitesse folle tant vous saviez nous tenir en haleine, et des innombrables craies, éponges, tampons feutres et j’en passe qui ont eu la joie de gouter à votre sens du tir lorsque nous étions trop « casse couille aujourd’hui dis donc ».

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Vous n’étiez pas juste un prof « marrant ». Vous n’étiez pas juste un prof d’ailleurs.

 

Vous étiez de ces personnes que l’on écoute sans broncher, de celles que l’on admire et que l’on rêverait d’égaler. De celles dont l’aura et le charisme forcent le respect. De celles qui vous marquent pour toute votre vie. De celles qui vous cernent avec une précision sans faute. De celles qui vous guident sans faux pas. De celles de confiance.

 

Même après mon départ de Louis Armand, j’ai toujours pu compter sur vous. L’an dernier encore, lorsque j’étais perdue et désorientée face à mes études, vous avez su une nouvelle fois prouver que vous étiez de ces professeurs qui ne se contentent pas de nous faire classe pendant un temps et disparaissent aussitôt, mais de ceux qui nous guident bien plus loin, bien plus longtemps. De ceux vers qui on se tourne toujours.

 

Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi depuis ce mois de septembre 2011 où je vous avais vu pour la première fois. Merci d’avoir su m’écouter, de m’avoir aiguillée, conseillée, poussée à agir selon mon gré, et surtout de m’avoir donné confiance en moi comme personne. Vous resterez pour moi la personne la plus marquante de toute ma scolarité, et celle pour qui j’aurais toujours le plus d’admiration.

 

Je vous dois beaucoup. Et je crois que tous ceux qui se sont un jour retrouvé à une table face à vous, peuvent en dire autant. Nous, « gens du neuf cinq, qui allions coloniser Sciences Po, Dauphine et la Sorbonne », en qui vous avez toujours cru et pour qui toutes ces piques cachaient j’en suis certaine, une grande affection, et à qui vous avez donné toutes les clefs pour réussir.

 

Louis Armand sans vous ne sera plus jamais pareil. Mais il y aura toujours de vous entre ces murs. Parce que vous avez su marquer les consciences. Parce que vous continuerez à vivre à travers tous ces élèves que vous avez accompagnés, à travers toutes ces boutades que l’on n’aura de cesse de se remémorer et toutes ces phrases pleines de bon sens que vous nous laissiez entendre.

 

Aujourd’hui encore, je pense à vous. Je suis fière d’avoir eu la chance de croiser votre route et d’avoir pu apprendre à vous connaître. Merci d’avoir été vous tout simplement.

 

Vous allez me manquer (et à la Belgique également).

 

Merci Monsieur Barthélémy. »

 

 

 

Hélène Van Hamme

12 novembre 2015

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 06:26

Nous ne reviendrons pas

Sur le sentier des rêves

Où chacun de nos pas

Résonnait sur la grève.

 

Nous ne noircirons plus

Les pages de notre histoire

L’amour n’existant plus

Que dans nos vieux grimoires.

 

Nous ne referons plus

L’amour à tire d’ailes

Tant nous étions repus

 

De caresses irréelles.

Nous serons désormais

Les amants d’un sonnet.

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 07:45

Ordre + Contrordre = « Des-ordres » 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:04

Le terrible hakka

Annonça la couleur

Leurs cris rauques un fracas

L’écho de nos douleurs.

 

La marée devint noire

Nos maillots rouge-sang

Passés au laminoir

Totalement impuissants.

 

Le ballon dans leurs mains

Comme un ballet magique

Nous étions des gamins

 

Aux sursauts pathétiques.

Nous avons pris une claque

Par les somptueux All-Blacks.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 18:18

J'ai rêvé d'un voyage

Où la mer serait ciel

Le soleil un mirage

Par-delà l'arc en ciel.

 

J'ai rêvé d'un nuage

Charriant les étoiles

Fantastique attelage

Qui soudain te dévoile.

 

J'ai rêvé d'un présage

Esquissant le délice

Les traits de ton visage

 

Comme autant de prémices.

J’ai rêvé de ton corps

Et de l’amour encore.

 

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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 16:47

J’ai recherché ton âme

Chaque jour de ma nuit

Sur le fil de la lame

Le sang noir de l’ennui.

 

Le parfum de mes drames

Ce maelström qui me nuit

Le malheur qui se trame

La tristesse qui s’ensuit.

 

L’amertume si infâme

Aux douze coups de minuit

Et le fiel de ces femmes

 

En plein cœur me poursuit.

Ta douceur qui me calme

Et la noirceur s’enfuit.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 06:56

Ma vie s’écoule à contresens

Flot impétueux noyant sa source

Où la mort était ma naissance

Ma conception en bout de course.

 

Les larmes sèchent à double-sens

Leur humeur noire en signature

Mon désespoir la quintessence

Et le bonheur une vraie torture.

 

Ces rides marquant l’adolescence

Témoignent de ma déconfiture

Et mon cœur gros bat sans défenses

 

Tétanisé de courbatures.

Bientôt je perdrai connaissance

Cette épitaphe en signature.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 10:18

 

 

Dans l’univers sombre et froid des romans policiers scandinaves, j’ai toujours eu une attirance certaine pour les ouvrages d’Arnaldur Indridason. L’auteur islandais possède cette qualité rare : savoir distiller en peu de mots, à l’économie, presque comme un pointilliste, les touches essentielles d’un décor et d’une atmosphère à nul autre pareil. Dans cet opus sobrement intitulé « Le Duel » Arnaldur Indridason remonte le temps et nous emmène à Reykjavik en 1972 pour revivre, comme si nous y étions, le mythique championnat du monde d’échecs opposant le fantasque américain Bobby Fischer au méthodique soviétique Boris Spassky, tenant du titre. Les échecs sont le domaine d’excellence des soviétiques, le terrain de bataille où ils affirment leur supériorité depuis 1948, lieu d’excellence servant la propagande du régime. À travers ces deux hommes s’affrontent deux idéologies, deux conceptions du monde diamétralement opposées : le capitalisme et le communisme, l’individu roi contre le pouvoir roi. Ainsi Fischer n’hésite-t-il pas à critiquer ouvertement ses compatriotes quand Spassky est un parfait communiste, effacé, véritable ambassadeur de la nation. L’Islande, de par sa position géographique médiane, s’est imposée comme un parfait centre de gravité, le seul lieu où pouvait se dérouler cette bataille, ce combat singulier. En ce mois de juillet 1972, le monde entier a les yeux rivés sur l’île volcanique, là où le feu bouillonne sous la glace, là où il semble que tout peut exploser, imploser même, d’une seconde à l’autre, sans crier gare. C’est comme si, par l’entremise de ces parties d’échecs, l’avenir de la planète tout entière était en jeu, comme si on devait décider une bonne fois pour toutes, jusqu’à la fin des temps, si le soleil devait continuer à se lever à l’est et se coucher à l’ouest, comme si la guerre froide allait connaître son épilogue, ni plus ni moins. C’est cette atmosphère particulière, ce sentiment d’oppression, d’instabilité permanente qu’Arnaldur Indridason a parfaitement su retranscrire tout au long de son récit. Mais avant cela, ouvrons le roman à la première page :

« À la fin du film, lorsque la lumière fut rallumée et que les spectateurs eurent quitté la salle, l’ouvreur découvrit le cadavre. C’était une séance de cinq heures, en milieu de semaine. Comme d’habitude, la caisse avait ouvert soixante minutes avant la projection et le jeune homme avait été le premier à acheter son ticket. La caissière l’avait à peine remarqué. Agée d’une trentaine d’années, ses cheveux permanentés ornés d’un ruban de soie bleue, sa cigarette posée dans le cendrier, elle était plongée dans un Modes et Travaux danois et avait tout juste levé les yeux lorsqu’il s’était présenté ; 

- Une entrée ? avait-elle demandé.

Il s’était contenté de hocher la tête. Elle lui avait tendu son billet, rendu sa monnaie et remis le programme avant de reprendre sa lecture. Il avait rangé l’argent dans l’une de ses poches et le ticket dans une autre avant de quitter les lieux. »

D’emblée, pour le lecteur, l’homicide apparaît des plus étranges, presque incongru. En effet, qu’est-ce qui a donc pu pousser quelqu’un à assassiner dans un cinéma un jeune homme a priori sans histoire ? Qu’est-ce qui pourrait justifier une telle prise de risque ? Que cherchait le meurtrier ? A-t-il agi seul ou bien avait-il un complice ? Avait-il prémédité son crime ? Et tout cela peut-il avoir, de près ou de loin, un lien avec le championnat du monde d’échecs ? Ce crime a-t-il été commis par un islandais ou bien par un étranger ? Il faut dire que Reykjavik connaît un afflux de visiteurs sans précédent (si on excepte bien entendu la seconde guerre mondiale). La ville a été prise d’assaut par les délégations soviétiques et américaines, les supporters des deux champions, les journalistes accourus des cinq continents, sans compter les bataillons de fans d’échecs. C’est à toutes ces questions que devra tenter de répondre Marion Briem, l’expérimentée commissaire de la Criminelle islandaise. Secondée par un jeune enquêteur, Albert, Marion va devoir s’attacher au moindre détail, au plus petit indice, pour tenter de comprendre comment ce drame a pu se produire. Et des indices, il n’y en a que peu, pratiquement aucun même lorsque débute l’enquête. Il faudra donc remuer ciel et terre, être à l’affut, élaborer des scénarios bien fragiles pour avancer dans cette enquête singulière. Arnaldur Indridason réussit à nous tenir en haleine sans effusion d’hémoglobine au verso de chaque page, sans rebondissement improbable, sans avoir recours aux bonnes grosses ficelles dont sont coutumiers trop d’auteurs de polars. Ici, tout n’est que finesse, variations subtiles, partition maîtrisée où « Le Duel » entre Fischer et Spassky ne se contente pas de servir de décor, d’arrière-plan commode. La galerie de personnages est tout en justesse, parfaitement campée dans cette époque si proche et déjà si lointaine. Je vous recommande vivement de le lire ce roman, de participer à ce « duel ». Croyez-moi, vous ne serez pas déçus.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:42

Le vent clair sur ta peau

Comme aux flancs d’un récif

Déchire tes oripeaux

Dans un ballet lascif.

 

Et le sel sur tes lèvres

Exacerbe nos baisers

Dont le feu et la fièvre

M’invitent vers ton brasier.

 

Et lorsque la morsure

De ton corps déchaîné

Creuse en moi des fissures

 

Où tu vas m’entraîner

Je sens poindre la lave

Et je suis ton esclave.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:27

Amis terriens, votre Extra-Terrestre préféré sera en téléportation sur les ondes d’IDFM ce jour à 16 heures et quelques poussières d’étoiles pour vous parler du roman d’Arnaldur Indridason « Le Duel ».

Sur 98 FM pour ceux d’entre vous stationnés en Ile-de-France.

Ici pour les autres : http://idfm98.free.fr/

 

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