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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 05:21

Là où le jour rejoint la nuit

Lorsque le chien tutoie le loup

Quand le soleil brille à minuit

Et la lune pâle reste debout.

 

Dans ces plaines vides où l’aube hagarde

Cours affolée, à la dérive

Le crépuscule, tapis regarde

L’étoile filant vers d’autres rives.

 

Le sommeil fuit à perdre haleine

Insaisissable aux flots du Styx

Radeau perdu où les hellènes

 

Chantent aux sirènes pour le phénix.

Bientôt l’obscur sera lumière

Demain endormira hier.

 

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 17:55

Le spleen tombe sur mon cœur

Dans mes yeux démasqués

Des éclats cristallins

Déchirent les perspectives.

 

Sur la plaine aveuglante

Où tout se réfléchit

Mes sanglots suppliants

Se disloquent dans la bise.

 

Mon enfer est glacé

Et me brûle tout autant

Que les flammes du bûcher.

 

L’assistance se délecte

De me voir agonir

Par ce feu impassible.

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 15:52

http://editions.flammarion.com/docs/Albums/38890/9782081242524_cm.jpg

Certains romans ont cette vertu de nous pousser dans nos derniers retranchements. « La distribution des lumières » en fait incontestablement partie. À tel point que, lorsque je me suis dit que j’allais lui consacrer un papier, je n’ai pas vraiment su par quel bout le prendre. Par certains côtés, ce roman m’a rappelé « Chronique d’une mort annoncée » de l’immense Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature disparu cette année.

« La distribution des lumières »  c’est d’abord l’histoire de Pasquale, un traducteur italien qui a décidé de quitter l’Italie, et sa femme par la même occasion, afin de mettre de la distance avec cette société qui a porté au pouvoir un certain Berlusconi. Bien que son nom ne soit pas cité d’emblée, le lecteur aura tôt fait de le reconnaître, en quelques lignes à peine. Pasquale déteste, exècre même cet homme-là, lui et toute sa clique. Berlusconi lui apparaît comme la négation même de l’Italie, de sa culture, de son histoire et ses valeurs. Ce Berlusconi qui, quelque part, est l’incarnation de son antithèse : rhéteur outrancier, provocateur abject.

Voici donc ce que Pasquale en dit au bout de trois pages : « Comment faut-il appeler notre président du conseil ? Eminence, Cavaliere, qu’on lit partout dans la presse ? Condottiere a une nuance plus marquée, on y décèle les tours de passe-passe des conspirateurs de la Renaissance. A-t-il des ressemblances avec Héliogabale, ce prêtre du soleil, fou, sanguinaire qui devint empereur de Rome ? Peut-être est-il tous ces noms, les reçoit-il en échange de son omniprésence, du malaise que son action politique inspire. J’hésite. L’Italie a connu la peste du temps de Boccace et le fascisme il y a soixante-dix ans. La peste brune pourrait nous menacer à nouveau. On nous assure que Berlusconi n’est pas fasciste, j’aimerais le croire. Quand la petite bourgeoisie post-industrielle télématique saccage la culture d’un pays et prend le pouvoir, il me semble qu’on a le droit d’utiliser le terme de fascisme. Quand 1500 sans-papiers sont expulsés en une seule nuit avec ratonnades dans les rues et dans les maisons privées, on peut y voir une version italienne de la nuit de cristal. Et même s’il ne s’agissait pas de ça, le berlusconisme ne vaut guère mieux que la peste brune, on en déplorera longtemps les effets, la régression humaine, le mépris. Il nous faudrait un écrivain de génie qui sache allier la délicatesse et la revendication, un florentin autant qu’un citoyen avisé pour lutter contre cette peste-là. Je ne l’ai pas vu à l’horizon, je suis parti. »

Les choses sont clairement énoncées. Pasquale revendique son attitude démissionnaire, son manque évident de courage et d’abnégation. Il passe les Alpes et s’installe à Lyon.   

« La distribution des lumières »  c’est ensuite Anna, une jeune et séduisante pianiste, prof de musique dans un triste collège de la banlieue lyonnaise. Pasquale et Anna vont lier connaissance sur internet alors qu’il cherche des précisions sur le contrepoint pour le roman anglais qu’il est en train de traduire. L’histoire d’un coup de foudre pourtant hautement improbable, comme quoi…

Mais « La distribution des lumières »  c’est aussi, et peut-être surtout, l’histoire d’Aurèle, une adolescente qui focalise en elle l’ensemble des passions, des équivoques, des emportements d’une jeune fille, d’une personne évoluant en équilibre instable entre deux mondes. Clairement plus une enfant, Aurèle n’est pas tout à fait adulte même si elle aspire à le devenir le plus vite possible, question de perspectives, d’autonomie, d’indépendance. Mais pour l’instant Aurèle est intimement, viscéralement liée à Jérôme, un demi-frère simplet qui lui sert tout autant de faire-valoir, que de confident, Jérôme dont la force physique brute, voire brutale, contraste singulièrement avec la finesse, la fragilité d’Aurèle, brindille rebelle.

Aurèle cherche l’amour, la considération qu’elle ne peut pas trouver dans sa famille recomposée, là, dans cet appartement d’une banale cité HLM où elle se morfond tout autant qu’elle rêve.

Anna est la prof de musique d’Aurèle. Dès qu’Aurèle a rencontré Anna, elle a immédiatement été attirée, comme un papillon par la lumière, une force qui la dépasse, la surpasse, l’emporte, une vague qui l’entraîne et chamboule tout dans sa tête et dans son cœur. Aurèle est secrètement amoureuse d’Anna qu’elle voudrait posséder, rien que pour elle, de façon exclusive, égoïste. Le hasard a voulu que leurs appartements respectifs soient face à face, de part et d’autre de la rue. Grâce à cela, Aurèle s’immisce dans l’intimité d’Anna, développe un voyeurisme obsessionnel. De quoi faire d’Anna sa chose… sauf qu’Aurèle va découvrir, horrifiée qu’un homme a fait irruption dans la vie d’Anna, et cet homme c’est Pasquale…

Dans ce roman d’une grande justesse, Stéphanie Hochet nous fait concomitamment partager les tourments de l’adolescence, les questionnements existentiels d’un homme mature, presque résigné, et les zones de friction que leur rencontre va générer. Une lutte profonde, violente, tellurique, comme celle opposant deux plaques tectoniques, une accumulation extrême de tensions qui, nécessairement, va déboucher sur un immense et dévastateur tremblement de terre.

L’atmosphère grave et oppressante instillée par Stéphanie Hochet sert parfaitement l’histoire qu’elle met en scène, nimbe les personnages d’une lumière risquant de les éblouir les uns les autres, comme elle éblouit le lecteur jusqu’à lui brûler les yeux. « La distribution des lumières »  est un roman qui sonne juste, qui appuie là où ça fait mal, au tréfonds de l’âme humaine. Un roman dont vous ne sortirez peut-être pas indemne mais que je vous recommande vivement.

 

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 04:52

Le problème, voyez-vous, avec les moyens modernes de communication, c’est que le fan se multiplie tel des cellules météoriques. Résultat, je dois développer des trésors de ruse pour vous conserver une place de choix. J’attends donc le dernier moment pour vous annoncer que je réaliserai ce jour, vers 16h35, une chronique du roman de Stéphanie Hochet « La distribution des lumières ».

Pour vous connecter sur l’émission « les mots des livres » de Laurence Ducournau, vous avez le choix entre le traditionnel poste de radio sur 98.FM, ou bien, en faisant un stop sur la toile avant que l’araignée ne vous repère :  http://idfm98.free.fr/index.php 

Restez discrets, n’ébruitez pas cette information aussi confidentielle… que mon audience. 

 

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 17:34

Ta perception du monde

S’écrit en équations

L’univers parcouru

De courbes diaboliques.

 

Partout les lois imposent

Leur logique implacable

Et s’il en manquait une

Tu l’élaborerais.

 

Mais tu oublies parfois

Que même les plus savantes

Possèdent des limites

 

Que l’infini impose.

Le monde est trop complexe

Pour nos esprits bornés.

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 07:50

Cet espace n’est pas une vitrine commerciale. Cependant, lorsqu’une initiative est excellente (surtout quand il s’agit d’une aventure entrepreneuriale) je n’hésite pas à vous la faire partager.

Il en va ainsi du site : www.crashimmo.com link

Développé par mon ami et ancien collègue Gilbert, garçon tout aussi sympathique que brillant, il s'agit d'un comparateur immobilier pour l'achat et location de biens immobiliers qui, en outre, propose également une carte des prix ainsi que des informations pratiques sur les villes.

Très sincèrement, le site est appelé à un bel avenir s’il rencontre son public, ce dont je ne doute pas.

Alors vous aussi, mémorisez-le et n’hésitez pas à le faire connaître autour de vous !

 

Par avance merci.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 17:45

Ma vie est terne et sans relief

Immense plaine où tout se perd

Pas une joie, pas un grief

Un fol ennui comme il appert.

 

Sur ces terres glabres où rien ne pousse

Si ce n’est des bosquets d’épines

Mon cœur s’enrhume et l’âme tousse

Dans les ornières noyées de bruine.

 

Aucune femme ne viendra là

Où zéphyr charrie l’amertume

L’espoir atone est bien trop las

 

Lesté par une obscure enclume.

L’horizon fige en son décor

La lassitude qui me dévore.

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 07:25

J’ai remué tant de terre

Dans les plaines éventrées

Senti les vents austères

Sur mon spleen pénétrer.

 

J’ai planté tant de rimes

Dans les sillons glacés

Exposé mes déprimes

Dans les strophes enlacées.

 

Et j’ai creusé mon âme

Pour trouver dans la tienne

Les sourires et les larmes

 

Qui toujours me retiennent.

Nos amours retranchés

Au tréfonds des tranchées.

 

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Variations

 

C'est au fond de l'abime

Que nos espoirs s’abiment.

 2

Nos amours en abyme

Au tréfonds de l’abime.

 3

Évinçant le limon

Tu chassas mes démons.

4

Refoulant mes tabous

Tu m’as remis debout.

 

 

 

 

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 17:39

J’ai remué tant de terre

Dans les plaines éventrées

Senti les vents austères

Sur mon spleen pénétrer.

 

J’ai planté tant de rimes

Dans les sillons glacés

Exposé mes déprimes

Dans les strophes enlacées.

 

Et j’ai creusé mon âme

Pour trouver dans la tienne

Les sourires et les larmes

Qui toujours me retiennent.

 

 

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 07:32

J'aimerais posséder

Le pouvoir du bonheur

Afin d'éradiquer

Tes plus sombres douleurs.

 

J'aimerais réécrire

L'histoire de ton amour

Où tu pourrais sourire

Ainsi qu'au premier jour.

 

J'aimerais supprimer

L'image de l'imposteur

Qui prétendait t'aimer

 

Mais n'était qu'un menteur.

Il faut vivre et sourire

Pour tout reconquérir.

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