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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 16:14

 

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle//LATTES/2011/9782709635790-G.jpg

 

Chaque année, à l’automne, c’est la grande distribution des prix littéraires avec, tels des tournois du grand chelem en tennis, le quatuor Goncourt, Médicis, Renaudot, Femina. Bien entendu, le graal reste le Goncourt, prix pour lequel, l’histoire du prix le montre, il vaut mieux concourir dans une des trois grandes écuries de l’édition française : Gallimard et Grasset (groupe Hachette) et Seuil (groupe La Martinière).

Les jurys de ces prix, comme tous les jurys, sont invariablement placés sous les feux de la critique, pour des raisons plus ou moins bonnes. L’erreur est humaine, les jurés sont humains, ni plus ni moins vertueux que vous et moi. Leurs choix sont par essence discrétionnaires, tout comme le sont ceux des lecteurs : vous et moi. Personne ne vous reprochera d’avoir aimé tel livre et d’avoir détesté tel autre. C’est ce qu’on appelle le choix, le libre-arbitre. A chacun ses goûts, sa sensibilité, ses inclinations, son humeur du moment. Pour qu’un livre rencontre son public, il faut aussi qu’il soit en adéquation avec les attentes de ce dernier.

Mon amie Delphine de Vigan a été écartée de la course aux quatre prix majeurs. Dont acte. Devrait-elle le regretter ? Pas si sûr…

Il n’est qu’à regarder les statistiques de vente de son roman « Rien ne s'oppose à la nuit » (J.-C. Lattès) pour comprendre que ce livre-là a su rencontrer un public, son public. Et le choix du public est comme le choix du peuple tout entier : souverain.

Si plus de 100 000 exemplaires sont sortis de nos librairies, c’est tout sauf un hasard… Je connais la réserve naturelle de Delphine, sa retenue et sa discrétion pour savoir qu’elle a mis dans de ce roman une bonne part d’elle-même, de son histoire familiale. On ne dupe pas impunément le lecteur. Et c’est précisément pour cela, parce que le livre raconte la vie, la vraie, avec ses déchirures, ses tragédies, ses silences et ses mensonges que les lecteurs en ont fait leur préféré. Et c’est heureux.

Alors, vous qui commencez peut-être à penser à Noël et ses cadeaux, mon modeste conseil est le suivant : ajoutez à votre liste " Rien ne s'oppose à la nuit", vous serez conquis, parole d'Eric. Maintenant, c'est à vous de choisir.

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Published by Eric Van Hamme - dans Mes lectures
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commentaires

SAM ELEON 24/01/2012 16:34


ça y est, je l'ai lu ! Je ne l'ai pas lâché, et il ne m'a pas lâchée non plus pendant ces trois jours de lecture ! Et il va me suivre encore longtemps. Pour des raisons personnelles, j'écrirais
quelque chose là-dessus. En tout cas, je comprends qu'il se soit bien vendu, plus une autobiographie qu'un roman, selon moi. D'ailleurs, pourquoi ne pas avoir écrit "autobiographie" sur la
couverture ? Comme quoi parfois nommer les choses ne sert pas à grand chose. C'est un livre fort, de par les thèmes abordés, et aussi parce que l'auteur nous ouvre les portes des affres de
l'écriture. J'espère en tout cas qu'écrire ce livre l'a rendue plus légère, surtout depuis qu'il a été publié et qu'il a touché des gens. Car c'est un livre qui ne peut pas ne pas émouvoir !
Merci à elle.


Delphine de Vigan a-t-elle un espace internet où lui laisser des messages ?


Bises Eric et merci pour le partage !

Eric Van Hamme 24/01/2012 22:08



Coucou,


personnellement, je ne suis pas encore prêt à faire un "vrai" papier, il me faut du temps et de l'espace pour ça. Probablement le fait que je connaisse Delphine joue un rôle. Mais j'écrirai
quelque chose, quand le moment sera venu je le sentirai. Il fait partie des romans dont on ne sort pas indemne comme tu as pu le voir. Seul les grands romans, et c'en est un, procurent ce
sentiment-là. C'est pour cette raison que j'étais tellement déçu que les gens de chez Goncourt aient décidé d'avance que cela serait un Gallimard qui l'aurait cette année. D'ailleurs, je ne l'ai
pas lu, et je ne sais pas si je le ferai. En tout cas, je suis ravi que tu partages mon opinion, ce qui m'importe vraiment car certains m'ont taxé de prosélytisme, celui qui est bien entendu
totalement faux, c'est vraiment mal me connaître.


Bises, bien à toi



SAM ELEON 18/11/2011 08:39



Je te lis de bon matin et j'ai tout compris cher Eric ! Tu as raison, ce qui compte c'est le plaisir pour le lecteur, et le plaisir (on espère ) pour les auteurs. Queneau s'amusait à faire des
exercices de style, je pense qu'il y prenait plaisir, du coup, nous y prenons plaisir aussi ! De la diversité bon sang !!!! Je crois qu'en France nous avons tout ce qu'il faut pour cela ! Bonne
journée



Eric Van Hamme 19/11/2011 18:27



Ravi que nous nous retrouvions, ce dont je ne doutais pas un seul instant. Lisons et écrivons tout ce que nous pouvons.


Amicalement et bon we



SAM ELEON 14/11/2011 08:44



Je ne l'ai pas encore lu. Je n'avais pas trop apprécié " les heures souterraines " où l'on sentait trop le travail de l'auteur, la recherche du style... Mais j'ai lu tout dernièrement " No et moi
" et là, j'ai senti le vrai style, sans fioritures, j'ai entendu la voix de l'auteur à travers ses mots. Cette histoire m'a bouleversée, le chagrin de la mère quii perd son enfant, la dépression,
et plus socialement, les sans abri... "Les heures souterraines " sont-elles un râté de l'auteur, un exercice de style ? J'opte pour la seconde possibilité. En tout cas, vu ton article, ce dernier
roman vaut le détour, donc je le lirai sans faute !


S'il faut attendre et recevoir un prix pour être reconnu, aimé, on peut attendre longtemps. S'il faut écrire d'une telle manière pour le recevoir, ouais bof ! Le principal,  c'est d'écrire
comme on respire.


Concernant le public, le choix des lecteurs, il n'est pas toujours bien avisé. Beaucoup lisent du Marc Lévy et du Guillaume Musso. Cela veut-il dire que ce sont des romans de qualité ? Ma réponse
est non ! Mais heureusement, les habitants de notre planète sont nombreux ... 



Eric Van Hamme 16/11/2011 22:40



 


 


Joli point de vue.


Concernant Delphine, ce qui fait sa force, à mon sens, c'est qu'elle traite de sujets difficiles (l'anorexie, les SDF, le
harcèlement, le suicide d'un être cher...) en se concentrant sur l'histoire et les émotions qu'elle transporte. Je trouve son écriture précise, sans effets de manche racoleurs, en un mot
juste.


Mon propos était de mettre en perspective les prix littéraires. 


Le choix du public reste souverain même si, nous sommes bien d'accords, je ne suis pas forcément fan de tout ce qui est en tête des
ventes. Et je dis ça en connaissance de cause, pour avoir lu plusieurs livres des auteurs que tu cites. 


Mais bon, je me dis qu’il vaut mieux lire ces ouvrages plutôt que de ne pas lire du tout. D’ailleurs, dans les transports en
commun, j’ai pour habitude de regarder les couvertures des livres, et je constate que beaucoup de lectrices dévorent littéralement des « romans à l’eau de rose » style
« Harlequin » and Co. 


Au final, l’essentiel est de prendre du plaisir dans la lecture comme j’en prends moi-même en puisant souvent « au
hasard » dans des genres, des époques, des pays très différents…


Pour ce qui est de l’écriture, je ne peux parler que de moi. Je privilégie l’écriture « instinctive », ce que je peux
faire sans problème dès lors que je sais ce que je veux dire et où je veux emmener le lecteur… C’est cette écriture-là qui me donne beaucoup de plaisir car elle est en prise direct avec moi, et
ce que je ressens à l’instant précis où je l’écris… Il est tard et je me demande si mon propos est compréhensible. Pas si sûr….


Bien à toi et merci pour tes visites fidèles.


 


 



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