Septembre; aujourd’hui l’été s’est fané
Trop tôt sans faire goulayer la diérèse.
L’automne, dans les lueurs désespérées,
A fait donner le glas dans un malaise.
Or, au loin encore, un bosquet tinte
Tiède au chant d’un antique grillon
Faisant vibrer son ultime complainte
Pour attiser le feu des vains rayons.
Là haut, sur la montagne calvitiée,
Jupiter a jeté son noir courroux,
Griffant le ciel de stries maléficiées
Pour inonder de haine le sommet du Ventoux.
Sa soulane burinée de longs sillons austères
Fût bientôt éplorée par les orgies de fiel
Submergeant les ravines et les suprêmes artères
Pour conjuguer les rus dans un violent pluriel.
Et la pluie endeuillant les franges de l’Ouvèze
A endiablé les flots emportant les maisons
Les arbres éradiqués dans un furieux malaise
Ont sculpté les cercueils pour les suaires de Vaison.