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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 12:25
Il n’est plus grande beauté que celle que l’œil ignore.
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 17:06
Qui flatte la mort risque de la séduire.
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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 16:48
Mieux vaut travailler moins pour vivre mieux que travailler mieux pour vivre moins.
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 09:23
Dans la marge
 
C’est ici que je vis, dans l’ivresse d’une abyssale verticalité.
Un vertige me saisit, me fait tanguer d’un bord à l’autre. Je me heurte sans répit aux frontières rectilignes s’échappant sous mes pieds. No limit. On ne remonte jamais de tels gouffres. Il vaut mieux que je m’accroche, vaille que vaille. Et pourtant ce n’est pas l’envie qui manque. Envie de lâcher prise, de tout abandonner, de laisser s’accomplir l’inexorable théorème de la chute libre. Je serais soumise à l’effet de mon seul poids, de ma masse parfois si imposante.
Seulement voilà : si je suis sûre de la chute je crains en revanche que la liberté ne soit qu’un leurre, une métaphore du néant.
Si "Tous les corps, la plume comme le plomb, ont même loi de chute." Qu’en serait-il de moi ? z = ½ gt2 ? La belle affaire ! Newton et Galilée étaient des génies que je n’aurais pu sanctionner.
Et oui, je sanctionne, là, dans la marge. En marge de tout, en toute marginalité. Je dispose en somme d’une marge de manœuvre.
Le sang coule dans mes veines, sue en déliés assassins, en trompeuses rondeurs ou en biffages définitifs. Je macule l’espace virginal de l’univers où je suis confinée. Je marque les esprits. Je propage l’émotion, hideuse ou sublime. Je scelle les destins, ouvrant d’infinies perspectives ou balayant demain.
Chacun existe comme il peut. Moi, c’est dans la marge que je vis. Que je sévis pour être exacte.
Ma valeur est multiple, protéiforme même. J’étalonne. Je prévois la marge d’erreur. Pas la mienne, celle des autres. Leur marge est encore plus étroite, réduite à un quotient chétif, aux antipodes écartelés.  
Dans la marge on m’accorde crédit. Un crédit parfois marginal sur lequel se fonde la fortune des uns ou l’infortune des autres. Qu’importe ! Je suis rétribuée en marge absolue.
On m’expédie parfois dans les contrées de l’entête, pour me mettre en exergue, souligner l’addition. Mais l’entête est un ailleurs trompeur, marge succombant à l’horizontalité.
Vous pensez maintenant au pied de page ? Malheureux ! Il ne vaut pas mieux. Dans une marge souterraine il égraine des suites d’entiers comme une litanie.
Mais n’allez surtout pas imaginer que Walras est mon est Maître, non ! Je ne suis pas une vulgaire monnaie d’échange.
Je suis intrinsèque.
Je connais mes limites, parfaitement quadrillées.
Quoi que…
On m’affuble parfois d’une foule pléthorique que l’on colle à mes basques, comme ça, sans crier gare. Petites ou grandes, en rangs serrées ou prêtes à rompre elles investissent le royaume de la marge, allant même jusqu’à franchir le Rubicon. « Elles », se sont les lettres, les lettres et les mots qu’elles engendrent par leurs troublantes associations. Elles me concurrencent, officiellement pour éclairer ma signification. Foutaise ! Comme si j’étais sommaire.
La marge est mon domaine. Pourquoi s’ouvre-t-elle donc à ces annotations résonnant dans l’écho de leur redondance ?  
Seul le propriétaire de la page a ici droit de citer. En MAJUSCULES s’écrit son privilège. Grâce à lui, et à lui seul, en méridiens s’expanse mon univers sur les bords rectilignes de la règle.
Ainsi la marge se gonfle-t-elle d’une ambition nouvelle qui ne serait pas pour me déplaire si, dans la plupart des cas, elle ne servait à préparer le terrain pour quelque dénuement. Dans ce cas je prendrais toutes mes aises pour investir ce nouveau territoire, exprimer rondement mon mécontentement.
Quel drôle d’univers que celui de la marge. Le plus extrême cartésianisme y côtoie la plus affolante irrationalité voire même, horreur, de pathétiques gribouillages qui s’exposent dans cette étroite galerie.
C’est pourtant ici que je vis, en marge de tout mais face au monde qu’on me soumet.
C’est ici que j’émerge, que j’émarge tout compte fait.
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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 22:21

SONGE AU FIRMAMENT

Je poserai la tête sur un croissant de lune
Ma nuque frêle baignant aux rayons incertains,
Les yeux perchés sur le tableau à l'encre brune
Où les flammèches dansent la nuit pour Aladin.

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