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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 20:15

Je n’aime pas les fleurs et elles me le rendent bien.
Dès que je m’approche d’elles, une violente nausée me prend à la gorge, prête à jaillir : une véritable gerbe de fleurs.

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 20:14

La fixation du prix provient de la rencontre de l’offre et de la demande. Quand l’offre dépasse la demande le prix est bas. Quand la demande dépasse l’offre le prix est élevé. C’est pour cela que l’amour n’a pas de prix.

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 10:27
Interview "La croisée des chemins"

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 10:24

Le célibat est aux prêtres ce que Jésus fut aux apôtres au jardin de Gethsémanisur : un choix en privé mais un déni en public.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 08:28

L’assassin revient toujours sur les lieux du crime. La victime n’en part jamais.

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 09:32

Celui qui déclare aimer travailler est un menteur ou, pire, un inconscient.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 10:54

Le destin serait-il inscrit dans notre ADN au même titre que notre humanité ? N’en serions-nous que les acteurs inconscients, leurrés par des hasards qui n’en sont pas et une volonté que nous croyons maîtriser alors qu’elle serait intrinsèque ?

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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:38

Dans les open space les salariés open deviennent rapidement space.

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 08:21

Qu’un vent de liberté souffle sur la flamme olympique pour attiser les valeurs qu’elle transporte et éclairer la route des hommes.

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 16:17


          Paul nous apporta à cet instant l’entrée, une terrine maison aux foies de volailles et aux cèpes déposée sur un lit de mesclun.

 

 

 

Nous profitâmes de cet entracte culinaire pour deviser sur la gastronomie et les terroirs. Nos échanges mirent rapidement en exergue une certitude commune : les produits locaux devaient, selon nous, constituer le fil d’Ariane des cartes des restaurants traditionnels, comme ici.  Bien sûr, il était concevable de déguster une pissaladière à Colmar ou un baeckeofe à Nice. Pour autant, il nous semblait préférable de s’en régaler dans des lieux proches de ceux où sont produits les principaux ingrédients entrant dans leur composition. C’était pour nous le gage d’une indéniable authenticité que seule la région d’origine pouvait garantir. Il n’était cependant pas question d’enfermer le terroir derrière de hautes murailles comme on voudrait protéger un patrimoine en voie d’extinction en le coupant de toute influence. Cela serait contraire à l’indispensable osmose entre les cultures et traditions gastronomiques propres à favoriser l’échange pour mieux garantir la continuité.

 

Lorsque nous eûmes terminé cette excellente introduction gustative, Pierre Garcin reprit le cours de la saga familiale avec l’arrivée d’une nouvelle génération :

¾      En 1891 naquit Eugène Garcin, enfant de l’amour et de la passion pour l’accordéon. Il développera l’entreprise créée par ses parents, non sans avoir à son tour le entrepris le voyage de Castelfidardo, où il séjourna deux années durant. Grâce aux conseils de ses oncles et cousins, il compléta ses connaissances théoriques et pratiques et en rapporta quelques idées qui lui permirent, plus tard, d’améliorer les caractéristiques de l’instrument. Blessé à la jambe gauche dès le début de la guerre de 1914, au cours de la célèbre bataille de la Marne, Eugène fût démobilisé en 1915 et s’en retourna sans plus tarder à Tulle. L’usine, qui avait déménagé à la périphérie de la ville, servit temporairement à la fabrication des structures en bois utilisées par les biplans des as de l’aviation. Avec la fin des hostilités, la production des accordéons reprit de plus belle. Ce regain d’activité fût tiré par la vogue de nouvelles influences musicales, pour l’essentiel venues d’outre-Atlantique, mais aussi par l’irrépressible envie des français d’oublier ces glaciales années boueuses sacrifiées sur l’autel de la stupidité des hommes. 

¾      Mes origines alsaciennes me font abonder dans votre sens, ajoutai-je.

A cet instant, le maître d’hôtel et sa charmante patronne arrivèrent avec l’incontournable tête de veau à la corrézienne.

Paul nous présenta la spécialité locale qui était disposée sur un plat oblong en terre cuite.

Je fus saisi par la quantité gargantuesque de la préparation qui, à mon sens, aurait aisément pu rassasier quatre gros mangeurs, voire six parisiens.

Paul nous en fit l’exposé. Le veau utilisé pour l’occasion provenait d’une ferme locale qui prenait un soin particulier à élever ses bêtes dans la plus pure tradition. Celui-ci avait logiquement bénéficié de l’allaitement maternel, sa génitrice étant elle-même uniquement nourrie avec les fourrages de l’exploitation issus d’une agriculture en lutte raisonnée qui, comme son nom l’indique, n’utilise qu’en cas d’extrême nécessité et en faible quantité les pesticides et autres engrais chimiques. Outre la tête de veau proprement dite, sous mes yeux ébahis étaient ordonnés la langue, la cervelle, mais également un pied du veau. Des pommes de terre nouvelles tournées garnissaient copieusement l’ensemble décoré par des demi-œufs durs en fleur. La sauce gribiche était réalisée dans une version plus gaillarde, la moutarde blanche ayant été remplacée par une moutarde violette au moût de vin rouge, spécialité briviste séculaire.

Enfin, un semis de fines herbes du jardin hachées menues agrémenterait l’assiette d’une touche fraîche.

Pierre Garcin remercia Paul et se proposa d’assurer le service à la bonne franquette pour symboliser davantage encore, si besoin en était, le caractère convivial de cette recette de famille. Je compris à cet instant précis pourquoi les assiettes placées devant nous par Paul m’avaient parues être aux assiettes ce que le chou est au chou de Bruxelles.

Mon commanditaire prit un malin plaisir à m’octroyer une portion pantagruélique pour me signifier qu’ici on savait ce que manger veut dire. Je pris la chose comme un défi personnel.

Bien sûr, je n’aurais jamais le coup de fourchette d’un solide gaillard travaillant au grand air du matin au soir et jouant dans le pack d’une équipe de rugby rugueuse à souhait. Nonobstant, j’avais bon appétit. Pierre Garcin ignorait que, sous mon costume de business man taillé sur mesure, soit un mètre quatre-vingt-trois pour soixante- quatorze kilos, se cachait un honnête sportif.

Depuis ma plus tendre enfance j’avais curieusement pris l’habitude de courir, exalté par les exploits des fondeurs qui étaient pour moi de véritables icônes.

Je connaissais par cœur les duels épiques entre Emile Zatopek (alias la locomotive humaine) et Alain Mimoun du dix mille mètres disputé sur la cendrée du stade de Wembley lors des jeux olympiques de Londres en 1948 au mythique marathon sur les routes de Melbourne baignées du soleil du printemps austral des jeux de 1956. 

Je vénérais l’école finlandaise et son hégémonie pédestre d’avant la seconde guerre mondiale : Paavo Nurmi, Ville Ritola, Ilmari Salminen.

J’affichais une tendresse particulière pour ces petits français qui, par pure bravoure, portaient de chevaleresques attaques contre ces dieux vivants venus du pays tacheté de lacs.

Le duel homérique entre Jean Bouin et Hannes Kolehmainen. La victoire pied-de-nez de Joseph Guillemot sur l’invincible Nurmi. La divine foulée de pur sang de Jules Ladoumègue domptée par la précision quasi mécanique de celle de Larva dans les derniers mètres d’un quinze-cents d’anthologie de la finale olympique d’Amsterdam.

C’est la tête emplie de ces moments d’éternité athlétique que je partais à l’assaut des stades, du bitume ou des sous-bois, selon les circonstances.

Si je ne m’adonne pas à cette dépense physique, à laquelle mon corps et mon esprit sont accoutumés, durant plus de deux jours, alors je me retrouve dans un état de manque quasi dépressif.

Des études scientifiques ont expliqué ce phénomène par la sécrétion d’endorphine de l’hypothalamus du coureur de fond, déclenchée par le choc de ses pieds sur le sol.

En tout état de cause, sans une dose minimale de cinquante kilomètres hebdomadaires de jogging, je n’étais bon à rien. J’avais ainsi bon appétit, pour fournir à mon organisme l’indispensable carburant de mes excursions pédestres.

Je remerciai Pierre Garcin de m’avoir si copieusement servi. Le sourire imperceptiblement narquois qui barra son visage en guise de réponse valait tous les aveux sur ses intentions du moment. Il garnit son assiette avec la même générosité.

Nous pûmes alors entamer cette joute mandibulaire dont il pensait sortir vainqueur à plate couture. Il y crut d’ailleurs fort longtemps.

En tatiphage forcené, il dévorait en effet quasi goulûment son énorme portion. Pour autant, il n’oubliait pas d’y adjoindre l’excellent pain de campagne à discrétion. Notre abondant repas était accompagné d’un gouleyant vin rouge du département que j’identifiai comme un assemblage des cépages merlot et cabernet franc. Légèrement marqué par le vanillé propre à l’élevage en fût de chêne, il déployait une bouche ronde et grasse avec une matière riche et persistante. Parfait compagnon des mets, Pierre Garcin ne manquait jamais de remplir mon verre préalablement au sien. Nous mangeâmes dans un silence quasi monacal pour profiter pleinement du plaisir d’un plat traditionnel parfaitement réalisé. Mâche-dru, il conclut son assiette sur une ultime gorgée de vin, puis me jeta une œillade mi-amusée mi-condescendante devant ma portion à moitié entamée. Je pris l’initiative :

¾      C’est tout à fait délicieux et il convient d’en profiter pleinement, de jouir du mélange des textures et des saveurs.

¾      Excellent et tellement roboratif n’est-ce pas ? reprit-il.

Il s’attendait à cet instant à ce que je dépose les armes, en l’occurrence une fourchette et un couteau, vaincu par tant d’abondance et un estomac davantage rompus aux encas et petits fours qu’aux platées paysannes.

¾      J’espère que vous excuserez mon extrême lenteur à table.

¾      Vous disposez de tout le temps requis.

¾      Je dois vous l’avouer, je suis un bradyphage invétéré. Mon médecin loue ce qu’il pense être une qualité pour la parfaite assimilation de la nourriture et mon confort stomacal. Sur ce point au moins nous sommes en phase. Je ne sais pas ce que lourdeur d’estomac veut dire. En revanche, je déclenche l’hilarité des employés des fast food lorsque je suis contraint d’y prendre une collation. Un cheeseburger et des frites me demandent un bon quart d’heure pour autant que je n’aie pas à ouvrir la bouche autrement que pour engloutir ces improbables denrées.

¾      Je comprends mieux, ajoutât-il, se demandant au fond s’il n’y avait pas plus d’esbroufe que de véracité dans ma surprenante explication.

¾      Aussi, enchaînai-je, vous ne devrez pas prendre mon mutisme des prochaines minutes comme une hypothétique grève du verbe. Je tiens à faire honneur à cet emblème de la gastronomie corrézienne.

¾      Mais faîtes, cher ami, faîtes. J’en profiterai donc pour vous narrer la suite de notre histoire.

Tout en mâchant consciencieusement une bouchée de langue et de pomme de terre, j’empoignai mon cahier et mon stylo de compétition et reprit mon rôle de scribe de luxe.

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