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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:59
Demain, vendredi 13 novembre, je serai à la bibliothèque "Val de Cuisance" à Arbois (Jura) pour une rencontre avec les lecteurs. J'y présenterai notamment mon nouveau livre "J'aimerais vivre un jour encore".
Pour les curieux, ou bien ceux qui auraient envie de faire plusieurs centaines de kilomètres en pure perte, toutes les informations sont disponibles sur le blog de la bibliothèque, là :

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Published by Eric Van Hamme
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 18:28




Aujourd’hui c’est le 20 mai. Le 20 mai précisément. Voici quelques semaines, Mathilde a consulté une voyante qui, dans les lignes de sa main et dans les nombres qui l’entourent, a déterminé que le 20 mai quelque chose d’essentiel allait se produire dans sa vie. Mathilde n’attend que ça, qu’il se produise enfin quelque chose, quelque chose qui lui permette d’échapper au destin qui la conduit pied au plancher dans une impasse, une impasse dont le mur se rapproche vite, tellement vite qu’elle a peur, qu’elle est terrorisée même. Ce quelque chose pourrait être quelqu’un, un homme ou une femme, peu importe au fond, quelqu’un qui l’aiderait à s’en sortir, à s’évader du cauchemar dans lequel elle se débat depuis des mois et des mois. Voilà ce à quoi elle pense à 4 heures du matin, ce fameux 20 mai. Ecoutez plutôt :

« Quelqu’un qui comprendrait qu’elle ne peut plus y aller, que chaque jour qui passe elle entame sa substance, elle entame l’essentiel. Quelqu’un qui caresserait sa joue, ou ses cheveux, qui murmurerait comme pour soi-même comment avez-vous fait pour tenir si longtemps, avec quel courage, quelles ressources. Quelqu’un qui s’opposerait. Qui dirait stop. Qui la prendrait en charge. Quelqu’un qui l’obligerait à descendre à la station précédente ou s’installerait en face d’elle au fond d’un bar. Qui regarderait tourner les heures sur l’horloge murale. A midi, il ou elle lui sourirait et lui dirait : voilà, c’est fini. »

Cette nuit, comme toutes les autres, Mathilde ne se rendormira pas. Elle est devenue insomniaque. Elle est arrivée au bout du bout de ses forces. C’est sûr, elle ne va pas y arriver. Cela fait 8 mois, 8 longs mois qu’elle est devenue le jouet de Jacques, Jacques Pelletier, son supérieur hiérarchique, le directeur marketing d’une filiale de nutrition d’un groupe international de santé. C’est Jacques qui l’avait recrutée 8 ans auparavant, avait apprécié la qualité de son travail, son dévouement à ses côtés, tant et si bien qu’il l’avait assez rapidement promue au rang de directrice adjointe, c’est dire la confiance qu’il lui accordait. Leur duo semblait fonctionner parfaitement, bien rôdé, huilé, complémentaire. Mais il aura suffit de cette fameuse réunion de restitution des résultats d’une étude, une réunion animée par un cabinet de grande renommée pour que tout bascule. Mathilde repense à cela, précisément. Chaque détail est gravé en elle, comme si tout ça s’était déroulé la veille. Voici ce qu’elle en garde :

« Mathilde avait pour habitude d’être d’accord avec lui. D’abord parce qu’ils partageaient un certain nombre de convictions, ensuite parce qu’il lui était apparu, dès les premiers mois de leur collaboration, qu’être d’accord avec Jacques était une position à la fois plus confortable et plus efficace. Il ne servait à rien de le prendre de front. De fait, Mathilde parvenait toujours à exprimer ses raisons et ses propres choix, parfois à le faire changer d’avis. Mais cette fois, l’attitude de Jacques lui avait paru d’une telle injustice qu’elle n’avait pu s’empêcher de reprendre la parole. Sur le ton de l’hypothèse, sans le contredire directement, elle avait expliqué en quoi il lui semblait que les orientations proposées, au regard des évolutions du marché et des autres enquêtes effectuées au sein du groupe, méritaient d’être étudiées.  Jacques l’avait regardée, longtemps. Dans ses yeux, elle n’avait rien lu d’autre que de l’étonnement. Il n’avait pas surenchéri. Elle en avait conclu qu’il s’était rendu à ses arguments. »

Ce n’est que bien plus tard que Mathilde identifiera cette réunion comme l’instant où le processus qui l’a conduit là où elle est s’est enclenché.

 

Nous sommes toujours le 20 mai, dans une chambre d’hôtel à Honfleur, plus précisément dans la salle de bains attenante à la chambre. Thibault non plus ne peut pas dormir. Voici quelques heures, en rentrant du restaurant, il a fait l’amour avec Lila. Après l’amour Lila l’a remercié avant de sombrer dans le sommeil, contentée. Merci. C’est tout ce que Lila semble être capable de lui dire. Et pourtant, Thibault est tombé amoureux d’elle, vraiment amoureux. Mais Lila n’a rien d’autre à lui offrir que son corps. C’est à ça qu’il repense :

« Elle dit merci pour tout, merci pour le restaurant, merci pour la nuit, merci pour le week-end, merci pour l’amour, merci quand il l’appelle, merci quand il s’inquiète de savoir comment elle va. Elle concède son corps, une partie de son temps, sa présence un peu lointaine, elle sait qu’il donne et qu’elle ne lâche rien, rien d’essentiel. »

Enfermé dans la salle de bains, il se projette dans quelques heures, quand ils repartiront vers Paris : « Il la déposera devant chez elle, il appellera la base, il enchaînera sur sa journée sans repasser chez lui, la voix de Rose lui indiquera une première adresse, au volant de sa Clio il ira visiter un premier patient, puis un second, il se  noiera comme chaque jour dans une marée de symptômes et de solitude, il s’enfoncera dans la ville grise et poisseuse. »

La porte du cœur de Lila ressemble à celle de la salle de bains : verrouillée à double tour. Et ça, ça rend Thibault totalement dingue, désespéré même. Thibault est « comme un con » dans la salle de bains, « Il n’arrive pas à dormir parce qu’il l’aime et qu’elle s’en fout. Elle, offerte pourtant, dans l’obscurité des chambres. Elle qu’il peut prendre, caresser, lécher… mais en dehors d’un lit Lila lui échappe, se dérobe. En dehors d’un lit elle ne l’embrase pas, ne glisse pas sa main dans son dos, ne caresse pas sa joue, le regarde à peine. En dehors d’un lit, il n’a pas de corps, ou bien un corps dont elle ne perçoit pas la matière. Elle ignore sa peau. »

Thibault dresse un constat d’échec, amer. Il sait que sa relation avec Lila ne sera jamais que purement physique, qu’elle n’éprouve et qu’elle n’éprouvera jamais rien pour lui. Lui aussi est dans une impasse. Une impasse qui dure depuis plus d’un an. Il sait que cela ne mène à rien, qu’il faut faire demi-tour. Alors c’est décidé, demain matin il quittera Lila. Il quittera Lila parce qu’il n’a pas d’autre choix. Et puis, allez savoir pourquoi, le 20 mai lui semble une bonne date pour tourner la page, pour passer à autre chose. Il va encore se noyer dans le travail, aller à la rencontre des patients qui font appel au médecin de garde.

 

Voilà, le décor est planté. Nous sommes le 20 mai, et c’est sûr, aujourd’hui il va se passer quelque chose d’important, tant dans la vie de Mathilde que dans la vie de Thibault. Là, dans la ville tentaculaire et hostile Mathilde et Thibault vont poursuivre leur route, une route qui, peut-être les fera se rencontrer. Peut-être, peut-être pas, allez savoir….

 

Pour découvrir l’issue de cette journée singulière, je vous invite à lire le roman de Delphine de Vigan, un roman sombre, tout en nuance et en subtilité qui dépeint l’âme humaine et ses tourments, un roman qui touchera votre sensibilité.  

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Published by Eric Van Hamme - dans Mes lectures
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 23:11

Demain, samedi 7 novembre, je serai sur les ondes d’IDFM, pour une chronique radiophonique consacrée au roman de Delphine de Vigan « Les heures souterraines ». Pour les franciliens, c’est sur 98.0 FM. Pour les autres, c’est accessible en cliquant sur le lien juste-là :


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Je reviendrai également sur le premier salon Facebouquins auquel j’ai eu le plaisir de participer les 17 et 18 octobre dernier.
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:40

Tel est le titre de mon nouvel ouvrage, un titre qui sonne comme une vaine supplique, prémonitoire. Grâce au soutien populaire de vous autres, mes chers amis, il semblerait que ce bouquin soit bien parti pour affoler le top 50 (si ça se trouve d’ici quelques années 50 lecteurs se seront précipités dessus). Ne le cherchez pas dans votre librairie, leur stock est déjà épuisé. Quant à Fnac.com, elle a tout bonnement décidé de ne pas le référencer, anticipant que sa logistique ne pourrait pas suivre un rythme de commandes échevelé. Petits joueurs !

Pas de place pour moi dans les grands salons littéraires de province (Arnac-la-poste (87), Pleurs (51) ou Sarrouilles (65)) ce qui va m’obliger à me rabattre sur la foire aux tripoux de Séverac (12) pour me faire connaître. Je sens que je vais m’arranger pour rejoindre la confrérie locale. Si ça se trouve les nourritures ne sont pas là où on les attend !

Allez, ce n’est pas grave, je me consolerai bientôt avec un nouveau record au Guiness Bookins (le plus grand flop de l’histoire) et mon entrée au gotha du Who’s not (la crème des loosers).

Bonjour chez vous
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Published by Eric Van Hamme - dans Les médias en parlent
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 17:02

Alea jacta est

Le sort en est jeté, normal après tout en cette soirée d’halloween.

Mon nouveau livre « J’aimerais vivre un jour encore » vient de paraître. Comme à chaque fois, j’ai un nœud au ventre, peur que mes tribulations romanesques ne plaisent à personne, peur que ce bouquin soit le dernier, faute de lecteurs.

92% des livres sont distribués dans les points de vente traditionnels, points de vente où, comme la plupart des auteurs des « petites » maisons, je serai invisible. Eric qui ? Un lien de parenté avec Jean-Claude ? Les amateurs de BD penseront éventuellement à Jean.  

Bref, ce livre qui pousse son premier cri, ne grandira sans doute pas. Ce n’est pourtant pas faute de faire tout ce qui est en mon modeste pouvoir. Comment se résoudre à voir le fruit de ses entrailles végéter ? Pas facile ! Votre amour propre en prend un coup. Vous redoutez que l’on vous dise d’arrêter là cette gentille farce. Allez, mon grand, va te coucher, les vrais auteurs arrivent. Et pourtant je n’ai pas sommeil. Que ne ferais-je pas pour rêver éveillé, pas vous ?

Alors c’est sûr, « J’aimerais vivre un jour encore ».

Merci à toutes celles et ceux qui me témoignent leur soutien et leur amitié.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 19:54
L’été dernier, alors que je me promenais sur un chemin côtier, j’ai remarqué dans les eaux claires du cap Corse, un plongeur qui s’adonnait à la chasse sous-marine. Je me suis assis pour contempler ce ballet aquatique que je n’avais jamais observé de visu. Lorsqu’il est remonté à la surface et qu’il a enlevé son masque, j’ai alors remarqué que son visage au teint bistre était constellé de boutons singuliers évoquant de petites ventouses, comme si sa peau avait pris des accents d’étoile de mer. Intrigué, je n’ai pu m’empêcher de l’interroger sur les causes de cette particularité cutanée. Il m’a alors répondu qu’il souffrait depuis l’adolescence d’apnée juvénile.
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 19:53

La majorité des noms de famille que nous portons remontent au moyen-âge. Contrairement à l’image que nous en avons généralement, cette époque de l’histoire ne peut être assimilée à un tunnel long et triste, sorte de période glacière de l’humanité. Ainsi nos ascendants pouvaient-ils faire montre d’un humour parfois corrosif dans le choix des patronymes. La plupart du temps Leblond et Lebrun l’étaient vraiment tout comme Legrand et Petit. Mais parfois, il pouvait s’agir d’un pied de nez, Legrand étant de petite taille et Leblond brun comme le jais. De même lorsque les patronymes désignaient un homme pour son activité ou son statut social : Meunier, Boulanger, Lecerf… Aujourd’hui, j’ai lu un article de presse où on donnait la parole à un DRH répondant au nom de « Lavenir ». Dans ce cas précis, je n’ai pas su déterminer où se trouvait la part d’humour….

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 10:35

Un mot suffit pour créer la magie, deux pour la détruire.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 20:43

Nos plus belles actions sont celles que nous enfantons sans jamais en revendiquer la paternité.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 18:55

En parcourant une revue « gay » on-line j’ai découvert un article ébouriffant. Le journaliste y parlait des hommes qui, ayant découvert leur penchant pour les êtres du même sexe, n’osaient pas passer à l’acte, tétanisés à l’idée de pouvoir être meurtris dans leur chair (remarquez, cela peut se comprendre).

Quitte à renoncer à un plaisir immédiat, le conseil avisé du rédacteur était d’appliquer, avant le premier rapport, une crème analgésique qui, évidemment, coûte la peau des fesses.
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