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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 22:08

Assis dans la poussière

Ton regard fiévreux

S’évapore lentement.

Tout juste as-tu la force

De présenter ces mains

A d’improbables oboles.

La foule passe et t’ignore

Tout comme le soleil

Qui a banni ton ombre.

Si ce n’était ton pagne

Aux couleurs sépulcrales

Tu serais un fantôme.

Ton corps n’est que brindille

Fragile et inflammable

Qu’un rien peut consumer.

Mais il n’est pas un homme

Pour faire couler en toi

La source qui se tarit.

Le vent a emporté

Sur ses ailes brulantes

Le souffle imperceptible

De ton dernier soupir.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 16:01

 

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Dès le levé de rideau, dès la première phrase de la première scène le décor est planté, les personnages introduits, le lecteur se retrouve au théâtre. Voici :

« Prenant place à mes côtés vous avez penché votre buste, votre visage était absent, votre regard perdu, vous ne m’avez offert que la fugitive vision de la dentelle recouvrant votre sein, broderie blanche sur peau de lait dans le bâillement de votre pull-over crème, dérisoire impulsion électrique captée par mon regard. Vous vous êtes finalement assise, avez rajusté le profond col en V, replacé votre écharpe fine sur votre poitrine, et j’ai prié pour que nous n’ayez aucune histoire à me confier. Je ne suis plus apte à entretenir une conversation, encore moins à écouter des confidences. Je déborde. Nous nous sommes salués d’un quasi imperceptible hochement de tête, les portes se sont refermées dans un sifflement pneumatique, et j’ai renoncé à affronter la confusion de mes pensées. Noir. »

Dans cette rame de TGV, l’homme rentre d’un voyage, un voyage durant lequel il a voulu oublier sûrement, se détruire peut-être. Il a voulu mais a échoué à se dissoudre, à se perdre lui-même. Une fuite qui le laisse exsangue, presque réduit à néant. Il avait fui avec l’espoir de ne jamais revenir, alors ce retour sonne comme un échec cinglant. Il rentre et le pire l’attend. Le pire c’est sa faillite financière, les créanciers impayés, la boîte aux lettres débordant de factures, de mises en demeure et de lettres d’injonction, le spectre de la commission de surendettement. Etait-il sans travail ? Pas vraiment. Mais il était une sorte d’intermittent. Il pense à son histoire et celle des autres, de tous les autres. Seulement voilà, il se dit qu’il ne croit plus croire au pouvoir des mots, et aux histoires qu’ils racontent. Que faisait-il donc? Il animait des ateliers d’écriture, il « transmettait aux autres l’usage des mots ». En tant qu’animateur, il en a vu des femmes et des hommes, tous ceux pour qui les mots, par nécessité ou par simple envie, devaient raconter ce qu’ils n’avaient même jamais dit, les sentiments enfouis, les secrets tus, certains même touchant à l’intime, à des béances nées des traumatismes les plus violents.

Puis soudain, c’est le choc, un arrêt d’urgence en rase campagne. Que se passe-t-il ? Le haut parleur crachouille ce qu’on pouvait redouter, le tristement célèbre « Incident de personne ». Un incident de personne avec un TGV lancé à pleine vitesse dans la campagne. A l’unité de lieu, s’ajoute l’unité de temps et l’unité d’action. Eric Pessan a mis en place tous les ingrédients du huis clos. Nous allons partager cette parenthèse spatio-temporelle avec les deux personnages de l’histoire. 

Le narrateur se disait inapte à entretenir une conversation. Mais cet incident de personne va tout chambouler. Lui qui était fermé comme une huitre, va soudain se mettre à parler de lui-même, à raconter sa fuite à sa voisine, une voisine qui l’écoute poliment, qui sert presque d’alibi pour ce qui se révèle devenir quasiment un monologue.

Le wagon du TGV devient un confessionnal, où l’homme brise le mur du silence, et va s’épancher dans un flux interrompu. Il interroge les autres, les participants aux ateliers d’écriture pour mieux s’interroger lui-même, faire remonter dans sa mémoire les souvenirs et les émotions. La parenthèse ne se refermera qu’au bout de plusieurs longues heures, lorsqu’enfin les dommages collatéraux causés par l’incident de personne auront été effacés.

Le train repart et le rideau se baisse. Chacun roule à nouveau vers son destin, à grande vitesse.

Dans ce roman, Eric Pessan nous invite à nous interroger nous-mêmes, à travers les questionnements de son personnage, le tout grâce à une écriture millimétrée où rien ne dépasse, où chaque mot est à sa place où on ressent la totale maîtrise du dramaturge qu’il est par ailleurs. De cet apparent dépouillement ressort la puissance d’un texte qui ne pourra pas vous laisser insensible.

Du bien bel ouvrage, vraiment.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 16:14

 

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Chaque année, à l’automne, c’est la grande distribution des prix littéraires avec, tels des tournois du grand chelem en tennis, le quatuor Goncourt, Médicis, Renaudot, Femina. Bien entendu, le graal reste le Goncourt, prix pour lequel, l’histoire du prix le montre, il vaut mieux concourir dans une des trois grandes écuries de l’édition française : Gallimard et Grasset (groupe Hachette) et Seuil (groupe La Martinière).

Les jurys de ces prix, comme tous les jurys, sont invariablement placés sous les feux de la critique, pour des raisons plus ou moins bonnes. L’erreur est humaine, les jurés sont humains, ni plus ni moins vertueux que vous et moi. Leurs choix sont par essence discrétionnaires, tout comme le sont ceux des lecteurs : vous et moi. Personne ne vous reprochera d’avoir aimé tel livre et d’avoir détesté tel autre. C’est ce qu’on appelle le choix, le libre-arbitre. A chacun ses goûts, sa sensibilité, ses inclinations, son humeur du moment. Pour qu’un livre rencontre son public, il faut aussi qu’il soit en adéquation avec les attentes de ce dernier.

Mon amie Delphine de Vigan a été écartée de la course aux quatre prix majeurs. Dont acte. Devrait-elle le regretter ? Pas si sûr…

Il n’est qu’à regarder les statistiques de vente de son roman « Rien ne s'oppose à la nuit » (J.-C. Lattès) pour comprendre que ce livre-là a su rencontrer un public, son public. Et le choix du public est comme le choix du peuple tout entier : souverain.

Si plus de 100 000 exemplaires sont sortis de nos librairies, c’est tout sauf un hasard… Je connais la réserve naturelle de Delphine, sa retenue et sa discrétion pour savoir qu’elle a mis dans de ce roman une bonne part d’elle-même, de son histoire familiale. On ne dupe pas impunément le lecteur. Et c’est précisément pour cela, parce que le livre raconte la vie, la vraie, avec ses déchirures, ses tragédies, ses silences et ses mensonges que les lecteurs en ont fait leur préféré. Et c’est heureux.

Alors, vous qui commencez peut-être à penser à Noël et ses cadeaux, mon modeste conseil est le suivant : ajoutez à votre liste " Rien ne s'oppose à la nuit", vous serez conquis, parole d'Eric. Maintenant, c'est à vous de choisir.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 17:23

Je n’ai fait que semer

Quelques miettes de pain

Au sentier des mémoires

L’oiseau m’a picoré.

 

Dans son ventre je serai

Lentement digéré

Avant de retourner

A la terre d’où je viens.

 

Qui sait peut-être un jour

Je nourrirai la plante

De ma métempsychose,

 

Et ses fleurs dans le vent

Porteront les pollens

De mes vers inféconds.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 20:15

La volonté de l'homme est assujettie à celle de la femme.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 00:00

Sur le miroir du lac

Et ses rayons versicolores

L’orchestre de nos âmes

Entonne ses antiennes.

Au secret du vallon

Les remords des fantômes

Rebondissent en luisant

Dans les spectres changeants.

C’est pourtant en ce lieu

Que mon cœur vient puiser

Sur les ondes affolantes

La hardiesse de t’aimer.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 22:23

Le prix Goncourt 2011 a été accordé au premier tour à Alexis Jenni pour son (premier lui aussi) roman « L'Art français de la guerre ». De l’avis quasi unanime, il s’agit d’un magnifique roman.

Cependant, autant vous le dire immédiatement : je ne l’ai pas (encore) lu. Suis-je excusable ? Pas si sûr. Que pourrai-je donc avancer pour ma défense ?

Certainement pas le fait que des centaines d’ouvrages sont publiés en l’espace de 15 jours, comme à chaque rentrée littéraire. Au pays autoproclamé défenseur de « L’Art –français bien entendu - de la gastronomie » c’est exactement comme si vous vous retrouviez chaque fin août devant le plus grand buffet de la plus grande cafétéria du monde… mais avec un seul plateau repas (et accessoirement un seul estomac même si, je vous l’accorde, j’ai tendance à ruminer).

C’est pourquoi je ne peux pas plus avancer l’excuse de ma capacité d’ingurgitation (autrement nommée lecture) très limitée (5 livres par mois en « moyenne »). Bradyphagie chronique.

Je ne peux pas non plus me cacher derrière l’argument économique puisque, comme tout le monde, je peux facilement consacrer plusieurs centaines d’euros mensuels pour acquérir les ouvrages dans leur édition originale. Quel pingre je fais !

En revanche, je confesse (mais pas trop fort car c’est péché) que j’ai été notoirement déçu par les ouvrages consacrés par les précédentes éditions. Une histoire de goût. D’affinité. De sensibilité. D’appétence pour un sujet plutôt qu’un autre. Allez savoir. Quidam des librairies, mon inculture manifeste (même pas une petite agrégation à faire valoir) constitue indubitablement un obstacle insurmontable. Comment puis-je prétendre accéder au niveau de lecture des membres de l’éminente académie Goncourt alors que, pas plus tard qu’hier encore, je croyais que Kierkegaard était l’ailier droit de l’équipe du Danemark ? La guerre était perdue. Depuis longtemps. Mon dernier coup de cœur du Goncourt demeure le magistral « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé.

 

L’édition 2011 était supposée célébrer le centenaire de la respectable maison Gallimard. C’est chose faite. Alors bon anniversaire !

 

Puisque la période des cadeaux se profile, je vais peut-être modifier mon plan de bataille et demander au père Noël de glisser « L'Art français de la guerre » dans sa hotte.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 14:49

Le premier novembre est un de mes jours préférés. Pour un homme, normal me direz-vous puisqu’on y célèbre la Toussaint, ou plus exactement tous les seins, sans distinction aucune. Alors, forcément, devant un tel étalage de volupté, je ne sais plus à quel sein me vouer. D’ailleurs, à mes yeux, ils sont tous saints, vous me suivez, tous hein ? Dans mes paumes je les imagine, tous ceints, tout sains. Mais chut ! Nous sommes sous seing privé.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 08:17

C’est un jeu bien étrange qui se déroule une fois par an, et une seule, dans la soirée du 31 octobre. Faîtes bien attention, voici ce qui pourrait arriver à la nuit tombée. Votre téléphone va sonner une fois. Puis, une minute plus tard, une autre fois. A la troisième tentative, décrochez immédiatement. Si vous entendez une voix prononcer « Allo » alors répondez « Win »… et vous découvrirez ce que vous venez de gagner. Mise en garde : Ne prévenez personne de votre entourage sinon la magie pourrait ne pas opérer. Serez-vous l’élu ? Rapportez dans cet espace ce qui vous sera arrivé "There could be only one !"  

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 23:00

Nous étions jeunes et insouciants

Et l'avenir était à nous

Le coeur avide, le pas léger

Nous courrions sans arrêt

Pour gagner l'occident.

 

Par-delà l'horizon

Le soleil brillerait comme un grand projecteur

Sur la scène de nos rêves,

Et nos yeux ébahis porteraient sur le monde

Le regard des vainqueurs.

 

Puis un jour l'un des nôtres

S'est soudain retourné :

La pénombre à nos trousses

Avançait gueule ouverte

Et les crocs acérés.

 

Les foulées devinrent lourdes

Et nos coeurs apeurés

Révèlèrent l'impensable :

La jeunesse n'était plus

Nous allions trépasser.

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