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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 18:32

Ci-après le texte de la chronique radio de ce jour.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/0/5/9782353151509.jpg

 

Le soir du 16 juillet 1982, la nouvelle tombe comme un couperet : Patrick Dewaere s’est suicidé par balle. Comme beaucoup de ses admirateurs, je suis sous le choc, totalement incrédule, abasourdi. Comment une telle chose a-t-elle pu arriver ?

Très vite, les médias avancent une explication imparable : la drogue. Un enfer pour un paradis. Une cause. Un effet. Aucune contestation possible. Clap de fin. Et d’aucuns de trouver là l’occasion d’expliquer que le jeu de Patrick Dewaere, unique, venait précisément de cette addiction. Foutaise. Je n’y crois pas un seul instant.

Alors, que s’est-il vraiment passé ? Qui était Patrick Dewaere en dehors des plateaux de cinéma ? Quel était l’homme qui se cachait derrière l’artiste ?

Trente ans après sa mort, Christophe Carrière tente de démêler l’écheveau, de faire le tri parmi les rumeurs, les déclarations, la légende. Christophe Carrière possède le bon pedigree pour ça : d’abord, et avant toute chose, il voue une grande admiration à l’acteur, comme bon nombre de personnes de sa génération pour qui Patrick Dewaere portait à l’écran des signes extérieurs de rébellion. Ensuite, Christophe Carrière est journaliste spécialisé en cinéma. Enfin, et pour tenter de se forger une opinion, il a tout remis à plat, retrouvé la plupart des protagonistes, sa famille, ses amis et, plus largement la tribu du septième art.

Le livre s’ouvre sur un « avant-propos » en forme de mise au point :

« Il s’appelait Patrick Maurin. Il est devenu, pour toujours, Patrick Dewaere. Le choix de ce nouveau patronyme, entériné par l’intéressé à 19 ans au moment de signer son premier gros contrat pour le feuilleton télé Jean de la Tour Miracle, a une importance capitale. Dewaere, le nom de sa grand-mère maternelle, signifie en flamand « le vrai ». En adoptant ce nouveau nom, l’acteur décide, à partir de cet instant, de rejeter le mensonge et le non-dit qui lui ont abîmé son adolescence. Dewaere ne simulera plus. Dewaere dira ce qu’il pense. Dewaere jouera comme il sera. D’où des compositions effarantes d’authenticité, des Valseuses à Série Noire, de Coup de tête à Un mauvais fils, d’Adieu poulet à Beau-père… Aujourd’hui, trente ans après son suicide, tout le monde s’accorde à dire que cet homme-là ne trichait jamais. Aussi, la moindre des choses, si on veut lui rendre dignement hommage et le raconter tel qu’il était à une foule de spectateurs qui ont beaucoup entendu parler de l’artiste, qui l’ont même apprécié au détour d’un film, mais qui savent finalement assez peu de choses de cet acteur élevé au rang de mythe par ses admirateurs, la moindre des choses, donc, est de ne pas maquiller la réalité, ni d’oublier « les détails qui gênent ». D’autant plus que les zones d’ombre le concernant ne sont pas à charge.

Il n’y a aucun « dossier » contre Patrick Dewaere. Il n’y a que des blessures. Certaines plus douloureuses que d’autres. Elles seront évoquées au fil de ce livre. Il ne s’agit pas d’appuyer sur ces plaies, mais au contraire de soulager, chez les inconditionnels du comédien, une vieille douleur. Oh ! Pas insupportable, la douleur. Mais gênante, entêtante, agaçante et même énervante à force de lire toujours les mêmes poncifs et idées reçues sur ce type « qui n’aurait jamais dû mourir », selon la belle épitaphe de Marc Esposito dans le magazine Première.

Car enfin ! Il faut être terriblement désespéré pour se tire un coup de fusil dans la bouche ! Après ce geste irréversible, commis le 16 juillet 1982 dans son pavillon parisien, la presse pointe du doigt ses problèmes de drogue. Puis ses soucis sentimentaux. Puis son mal-être permanent, mis sur le compte de rôles sombres et déglinguées. Des années après sa mort, on épilogue encore sur ces conclusions de comptoir…

Quelques pages plus loin, toujours dans cet « avant-propos » qui en dit déjà long, Christophe Carrière précise les choses, plante le décor de la tragédie :

« Au détour d’un entretien donné à Première en 2002, Elsa Dewaere, dernière épouse de l’acteur et mère de Lola, déclarait tout de go : « il a subi dans son enfance et son adolescence les attouchements très graves d’un proche. À 16 ans, Patrick s’est révolté. Il a donné un coup de poing à cet homme pour dire : avec moi, ça ne se passe plus comme ça. »

Voilà. C’était là. Sous nos yeux. Noir sur blanc. Et personne n’a fait attention. Moi le premier…On ne dit pas ce genre de chose au hasard. Surtout en 2002, quand les affaires de pédophilie font de plus en plus souvent la une des journaux. Deux ans plus tard, c’est Gérard Depardieu qui évoquera « la vérité », dans son livre d’entretiens Vivre : « Je crois que, dans son enfance, il avait été victime d’actes de pédophilie. Il m’en avait parlé mais je ne sais pas si j’ai le droit de raconter ça. Ce que je sais, c’est que sa fragilité venait de là. Cette enfance qui ne passait pas, c’était son abîme, son gouffre intérieur. » Et se confirme sans équivoque quand Bertrand Blier, pipe au bec, m’affirme sans sourciller : « Patrick m’a raconté qu’il avait été abusé sexuellement. Et il m’a toujours dit le plus grand mal de sa famille, à l’exception de ses frères et de sa sœur. C’est de là qu’il faut partir ».

Et c’est de là que va partir Christophe Carrière, depuis l’enfance de Patrick Dewaere, depuis le jour de sa naissance, le 26/01/1947 à Saint-Brieuc. Dans ce contexte, le récit chronologique retenu par l’auteur constitue certainement le meilleur angle d’attaque, la façon la plus simple mais aussi la plus « lisible » pour comprendre la psychologie de l’acteur, sa chute lente, presque inexorable, jusqu’au suicide. Nous découvrons au fil des pages du livre que Patrick Dewaere n’a souvent pas eu de chance, se retrouvant au mauvais endroit au mauvais moment, croisant la route de personnes qui l’ont parfois entraîné là où il n’aurait jamais dû mettre les pieds. Patrick Dewaere était fissuré, lézardé de l’intérieur, et chaque coup du sort n’a fait qu’agrandir la faille qui a fini par l’engloutir. Patrick Dewaere ne jouait pas des personnages, il était les personnages, les incarnait pour les porter à l’écran comme personne d’autre n’a pu le faire avant lui ni ne le fera après. Patrick Dewaere est mort en plein vol, alors même qu’il n’avait pas encore atteint son zénith. La grande famille du septième art en prend pour son grade, elle qui porte Patrick Dewaere aux nues depuis sa mort alors qu’elle n’a jamais reconnu son incomparable talent de son vivant.  Erreur tragique, goutte d’eau qui fait partie de celles qui ont fait déborder le vase, insidieusement.

Avant de lire cet ouvrage, j’admirais l’acteur. Désormais, j’ai appris à connaître et apprécier l’homme par delà des défauts et des faiblesses qui ne mettent en exergue qu’une chose : son exceptionnelle humanité. Pas de vent. Pas de flonflons. Pas d’esbroufe. Du vrai, rien que du vrai.

Christophe Carrière est sans doute un tantinet partial, mais qui ne le serait pas en face d’un tel homme ? Le style est direct, sans emphase, sans effets de manche inutiles, à l’unisson du discours qu’il soutient. Efficace. Du journalisme de la meilleure veine. Ce livre est à mon sens une pleine réussite, que je vous invite à dévorer comme je l’ai fait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:14

"Patrick Dewaere, une vie"

Ce jour, samedi 29 septembre vers 16h40, je chroniquerai l’ouvrage que Christophe Carrière a consacré à Patrick Dewaere. Si vous êtes fan de cet acteur alors rendez-vous ici :

http://idfm98.free.fr/index10.php

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 11:40

L’onde sur le canal

Se soulève doucement

Comme le souffle délicat

Des poitrines assoupies.

 

À la voir s’élever

Dans le gris du silence

On aurait pu penser

Que son cœur frissonnait.

 

Le vent qui la caresse

En pointillés subtils

S’évanouit en volutes

 

Au parfum aérien

Encerclant nos espoirs

De panaches fulgurants.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:40

Immobiles près du gouffre

Nous allons basculer

Dans l’abîme de l’oubli.  

 

À l’orée du néant

L’écrin froid se lézarde

Sur ton cœur empierré.

 

Le carcan de granit

S’éparpille en comètes

Et en gerbes séduisantes.

 

C’est pour ça qu’il faut vivre

En combattant l’obscur 

Croire en sa destinée.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 18:50

Dans la clarté obscure

De ces journées d’hiver

Où l’espoir reste oblique

 

Il n’est d’autre horizon

Que les champs volcaniques

Aux noirceurs d’épitaphe.

 

La douleur me harcèle

Comme une guérilla

Au service de la mort

 

Il n’existe que le vide

Qui m’aspire au-dedans

Abyssale perspective.

 

Mes suppliques restent vaines

Et tellement pathétiques

Un aveu d’impuissance.

 

Ma vie n’est qu’un supplice

Empoisonnant mon cœur

Et mon âme accablée.  

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 09:18

Une pause pour faire le point. Envisager l’arrêt de ce blog qui, tout simplement, me frustre et me déçoit. Je n’aime rien tant que débattre et, ici, j’ai l’impression d’être (pratiquement) seul en scène, déclamant un monologue existentiel laissant indifférent. Je suis d’accord avec vous, mes mots sont frustres, mes idées convenues, bardées de truismes et de poncifs. Je suis ainsi. Insignifiant. Je ne propose rien de nouveau. Je fais de la récup avec de l’éculé. Pastiche bréhaigne et infécond.

Mais bon, puisque j’écris sans relâche, puisque mes carnets débordent de notes plus ou moins intelligibles, j’ai décidé d’en reporter quelques bribes ici, sans rien en attendre de plus. Ne mettez pas les pouces en bas, pas plus qu’en haut, l’arène m’a déjà englouti. Ne postez pas de commentaires, au mieux je serais seul à les lire. Ne dites, rien, vivez votre vie comme bon vous semble, tentez de satisfaire vos attentes véritables, vos désirs impétueux.

 

Et si vous saturez, bannissez cet espace, voguez sur d’autres mers et oubliez mon nom.

 

J’allais oublier de vous dire : il se déroule ici, dans les tout prochains jours, un petit  « jeu concours »… Sans le savoir, et surtout sans le faire exprès, vous pourriez l’emporter. Comment, quoi donc ? Eh, eh, si je vous le dis, vous allez vous méfier.

 

Juste pour vous éviter le pire, je vais tenter de vous éloigner pendant qu’il est encore temps, en vous balançant quelques mots griffonnés sur un carnet abandonné, comme le furent ses prédécesseurs et le seront ses successeurs. Alors, à bon entendeur…

 

 

 

En dieu je ne crois pas

A moins qu’il ne soit diable,

J’ai beau chercher les morts

Aucun souffle ne vient.

 

Je ne suis qu’un amas

De cellules éphémères

Condamnées au néant

Rien ne subsistera.

 

Ces feuilles brûleront

Dans un crématorium

Qui me rejettera

 

Aux abysses de l’oubli.

Adieu métempsychose

Pierres tombales que je fuis.

 

 

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 16:04

Incroyable : ce qui semblait impossible est arrivé.

Si j'avais commis le crime envisagé, j'aurais certainement pu être taxé d'égoïsme (comment ça le terme est un peu fort ?) Bon, ben... disons que je si je n'avais pas encore mis mon projet à exécution (humour, je sais, c'est inné...) c'était sans doute sous le joug d'un soupçon de conscience... ou bien du prix Nobel des abrutis (lamentable, attention au pain !).

Ce qui est sûr, c'est que je me disais que je n'avais pas le droit de décevoir les courageux, les croisés, les fidèles "folowers" qui, depuis plus de cinq ans, se donnent la peine de venir s'échouer (et volontairement encore) sur la plage désolée où j'ai la prétention de créer et de partager. Vous riez ? Moi aussi, il faut bien se gausser des choses qui l'autorisent. 

Mais à quoi bon s'escrimer à partager des choses qui n'intéressent personne d'autre que moi ? Vouloir donner c'est bien, pouvoir donner c'est mieux. Mais pour ça, encore faudrait-il que ce que j'ai à proposer soit perçu comme un cadeau, pas comme une punition.  

Ainsi donc la chose est arrivée. Ce blog est resté orphelin de visites.

Un accident ? Que nenni ! Le phénomène s'est produit deux jours, et de suite encore !

Réjouissez-vous ! Vous venez d'échapper in extremis à une "pensée" (un aphorisme de Panama, chapeau) dont je n'arrive même pas à apprécier la portée lymbique, nom d'une crotte.

Alors, je suicide le blog immédiatement et on se donne rendez-vous dans une autre mort ? 

 

P-S 1 : je vous invite à lire la petite réponse faite suite à l'amical commentaire de Sandrine

P-S 2 : il faut bien entendu considérer que ce que j'écris est une chose, ce que je publie en est une autre. En d'autres termes, sur mes 35 années d'écriture, seules quelques unes ont donné lieu à un "partage". Depuis cette esquisse d'autodaffé électronique j'ai ainsi commis deux poèmes et quatre ou cinq aphorismes.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 10:35

Un jour viendra peut-être

Où l’homme parviendra

À remonter le temps

De son horloge interne.

Et ce jour-là sûrement

Il croira être Dieu

Pouvant à volonté

Disposer de la vie.

Il commettrait ainsi

La plus grossière erreur

L’existence ne pouvant

Se réduire à Cronos.

Pour être un horloger

Remontant les pendules

Il sera circonscrit

Dans un monde aplani.

Son esprit, frustre encore,

N’aura pu concevoir

Que le temps comme l’espace

Vit en trois dimensions.

Les forces supérieures

Régissant l’univers

En hyper espace-temps

Puniront l’apprenti.

Il sera exilé

Parmi les perspectives

Où ses pauvres pendules

Seront déboussolées.

Le temps s’écoulera

Dans des clepsydres cubiques

Où l’homme s’évanouira

En l’espace d’un instant.

 

 

 

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 10:07

La grandeur d’un homme ne se mesure pas.

 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 17:10

On eut dit un serpent

Parcouru de longs spasmes

Au bitume il luisait

Dans les feux de son corps.

 

Il n’était point de chair

Mais de tôle et d’acier

Et soufflait, erratique,

Des panaches de fumée.

 

Puis soudain il gémit :

A partir de sa queue

L’alerte se répandit

Vers son gosier stoïque.

 

Puisque rien ne bougeait

Ses anneaux déboitèrent

Dans un furieux vacarme

 

Et des flashs crépitant.

Le serpent disparut

Sur l’obscur macadam.

 

 

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