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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:49
 
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Les amours d’été ne devraient pas survivre à l’automne, et encore moins à l’hiver. Alors pourquoi tenter de prolonger quelque chose d’éphémère, quelque chose qui n’est pas fait pour durer ? C’est exactement ce à quoi pense Martin Molin, le jeune inspecteur de police de Fjällbacka, collègue encore peu expérimenté de Patrick Hedström. Nous sommes une semaine avant Noël. Martin a cédé aux injonctions répétées de sa conquête de l’été, Lisette, et s’est résolu à aller passer ce glacial we d’hiver sur une île isolée au large de la côte. Là-bas, un couple a transformé une ancienne colonie de vacances en confortable maison d’hôtes.
Ce vendredi soir, alors que Martin accoste sur l’île menacée par les glaces, la météo devient exécrable. Il gèle à pierre fendre et une violente tempête de neige est annoncée. Rien de bien alléchant en vérité d’autant que, dans la maison d’hôtes, il n’y a pas seulement Lisette, mais également ses parents, son frère, son oncle, sa tante et leurs enfants et enfin, et peut-être surtout, son grand-père Ruben, un homme âgé, en fauteuil, quasiment impotent mais qui impressionne par sa seule présence.
Sitôt les présentations faites, il faut passer à table où un impressionnant buffet attend les convives. Chacun d’entre eux se sert avant d’aller s’installer à table.
Dès le début du repas, le patriarche, Ruben, questionne tour à tour ses quatre petits enfants qui, soit poursuivent des études supérieures, pour deux d’entre eux, soit se sont lancés dans les affaires pour les deux autres. Mais, dans tous les cas, ils utilisent largement les fortes sommes d’argent octroyées par lui. Cependant, aucun d’entre eux ne semble posséder le don des affaires de leur grand-père, ce qui a pour effet de l’énerver. Lui, il est parti de rien pour devenir milliardaire. Après les petits-enfants, Ruben fait passer sur le grill ses deux fils, Harald et Gustav, qui ont pris sa suite à la tête de l’empire qu’il a bâti. Là encore, ses questions incisives, mettent en exergue le fait qu’il n’y a personne dans sa descendance qui ait la carrure pour être son digne héritier. Face à cette situation, Ruben sort de ses gonds et chacun en prend largement pour son grade. C’est alors que, face à l’auditoire familial incrédule, et sous les yeux de Martin Molin, Ruben lâche une véritable bombe atomique : il a l’intention de les déshériter, tous, sans exception. Il ne leur restera que le minimum légal…. Du reste, il vient de prendre toutes les dispositions testamentaires pour qu’il en soit ainsi.
L’assistance entière est pétrifiée par cette annonce totalement incroyable. Dans la salle à manger, soudain devenue silencieuse comme une tombe, on entendrait voler les mouches. C’est à ce moment précis que s’enclenche la mécanique du drame : Ruben, qui s’est passablement énervé, semble terriblement assoiffé par sa virulente diatribe. Il saisit son verre et en vide le contenu d’un trait. Mais, sitôt sa soif étanchée, le vieil homme est saisi de spasmes de plus en plus violents que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.
Martin, qui s’est précipité vers le vieillard juste après deux de ses petits enfants, Lisette et Bernard, ne peut que recueillir son dernier souffle. Ruben est mort violemment. Il n’y a plus rien à faire. D’ailleurs, qu’auraient-ils pu faire ? Au dehors, la tempête de neige qui sévit maintenant vient en effet de couper la ligne téléphonique, désormais hors d’usage, tandis que les réseaux de téléphonie mobile ne couvrent pas la petite île.
Alors que tout le monde est incrédule, abasourdi par la soudaineté du décès du patriarche, Martin, qui est toujours à ses côtés, remarque une odeur caractéristique qui semble émaner du défunt, une odeur d’amendes amères qu’on lui a appris à reconnaître à l’école de police, l’odeur du cyanure. Cette odeur, Martin la retrouve dans le verre que Ruben vient de vider. Aucune hésitation possible, Ruben a été assassiné. C’est ce que Martin annonce à l’ensemble de la famille.
Seul, privé de toute assistance policière, Martin va, pour la première fois de sa carrière, devoir résoudre un crime dont l’auteur doit forcément se trouver parmi les convives. C’est pour cette raison que Martin décide de les interroger individuellement, les uns après les autres, pour tenter de démasquer le coupable.
Avec ce court roman, d’environ 150 pages, Camilla Läckberg renoue avec la longue tradition du huis-clos à suspense dont le plus célèbre demeurera sans doute, et à jamais,  l’inoubliable « 10 petits nègres » d’Agatha Christie.
Il faut ici avertir le lecteur : « Cyanure » ne peut en rien être comparé avec les habituels romans de Camilla Läckberg et ce, pour une bonne et simple raison, un huis-clos est un genre à part entière. « Cyanure » n’est pas un thriller et ne prétend pas l’être. En fait, en s’appuyant pratiquement sur les bases des trois unités (lieu, temps et espace) cette intrigue aurait tout aussi bien pu prendre la forme d’une pièce de théâtre. Et c’est ainsi que « Cyanure » doit être lu. L’attention du lecteur est focalisée sur l’intrigue elle-même. Rien d’autre. Selon moi, « Cyanure » atteint assez bien son but, soutenu par une écriture sobre, efficace et sans fioritures. Vous passerez un agréable moment en dévorant « Cyanure » en quelques heures à peine, en cherchant à savoir qui est le coupable ainsi que je l’ai moi-même fait.
 

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Published by Eric Van Hamme - dans Mes lectures
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commentaires

Sandrine Virbel 04/05/2012 12:15


Bonjour Eric!


Ton article sur Cyanure donne bien envie de le lire!!!


Merci de partager ta passion pour l'écrit en général.


Bises,


Sandrine

Eric Van Hamme 05/05/2012 09:59



Coucou,


on trouve peu de huis-clos, me semble-t-il, dans la littérature actuelle. En tout cas, personnellement, j'en trouve rarement. D'où l'idée de mettre celui-ci sous les feux de la rampe. Camilla
Läckberg (prononcer "Leikberg") écrit avec beaucoup de maturité pour quelqu'un de 38 ans. Pour plonger dans son univers, si tu n'en as jamais lu, je te recommanderai de commencer plutôt avec "la
princesse des glaces" ou bien  "le prédicateur". Même si les aventures des deux personnages principaux (Erica et Patrick) suivent la chronologie des livres, on peut parfaitement les lires
dans un ordre différent (ce que j'ai fait). Bises



SAM ELEON 13/04/2012 11:02


Tu te mets à l'english dans le but d'internationaliser ton blog ? ! lol


Tu as de la chance que je sache lire un peu l'anglais !


De toute façon, je n'achète que peu de livres, j'emprunte à la médiathèque de ma ville, sinon, ça me coûterait une petite fortune ! Bises

SAM ELEON 08/04/2012 12:44


En lisant ton résumé, j'ai pensé d'emblée aux 10 petits nègres. Je ne vois pas comment ce huis clos, qui plus est avec un policier sur les lieux n'est pas un thriller. Cela m'intrigue ! Un livre
que je note sur ma liste ! Merci de nous faire partager !

Eric Van Hamme 12/04/2012 22:36



Well, just because you don't really thrill while reading this novel. But i've got a very personal appreciation of what is a thriller...


Un conseil, le livre est très cher, alors emprunte-le plutôt dans une bibliothèque.


Avec Plaisir.



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